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	<title>CRI-IRC</title>
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	<description>Centre de Recherche Internationale - International Research Center</description>
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		<title>La Terre traverse sa deuxième année consécutive la plus chaude jamais enregistrée.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[CRI-IRC]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2025 10:56:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[Selon le groupe World Weather Attribution, le nombre total de personnes tuées par des événements météorologiques extrêmes intensifiés par le changement climatique en 2024 est probablement de plusieurs dizaines ou centaines de milliers. by Jeff Masters and Bob Henson January 10, 2025 Traduction Jean Albert, January 13, 2025 (article publié sur Yale Climate Connections). D’après [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Selon le groupe World Weather Attribution, le nombre total de personnes tuées par des événements météorologiques extrêmes intensifiés par le changement climatique en 2024 est probablement de plusieurs dizaines ou centaines de milliers.</p>



<p><em>by <a href="https://yaleclimateconnections.org/author/jmasters/">Jeff Masters</a> and <a href="https://yaleclimateconnections.org/author/bhenson/">Bob Henson </a>January 10, 2025</em></p>



<p><em>Traduction Jean Albert, January 13, 2025 (article publié sur <a href="https://yaleclimateconnections.org/">Yale Climate Connections</a>).</em></p>



<p>D’après la <a href="https://www.ncei.noaa.gov/access/monitoring/monthly-report/global/202413">NOAA</a>, la <a href="https://data.giss.nasa.gov/gistemp/tabledata_v4/GLB.Ts+dSST.txt">NASA</a>, le <a href="https://climate.copernicus.eu/global-climate-highlights-2024">European Copernicus Climate Change Service</a>, Berkeley Earth et le <a href="https://www.metoffice.gov.uk/hadobs/hadcrut5/">UKMET</a> Office, 2024 fut l’année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Le record établit en 2023 est battu. Entre juin 2023 et juillet 2024, les températures mondiales ont battu des records pendant 14 mois consécutifs. La <a href="https://www.ncei.noaa.gov/access/monitoring/climate-at-a-glance/global/time-series/globe/land_ocean/1/7/1850-2024">température globale de juillet</a> a probablement été la plus élevée de tous les mois depuis 1850.</p>



<p>Le changement climatique causé par l’homme a ajouté en moyenne 41 jours de chaleur dangereuse à l’échelle mondiale en 2024. Selon le groupe World Weather Attribution et Climate Central, il est probable que les phénomènes météorologiques extrêmes exacerbés par ce réchauffement aient coûté la vie à des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes.</p>



<p>D’après <a href="https://x.com/BerkeleyEarth/status/1877751174587142193">Berkeley Earth</a>, près de 24 % de la surface terrestre a connu en 2024 une température moyenne annuelle jamais atteinte auparavant. Pas moins de 104 pays, parmi lesquels la Chine, le Canada, le Mexique, l’Allemagne, le Brésil, la Grèce, la Malaisie et la Corée du Sud, ont connu des records historiques de températures. Ces records locaux ont touché environ 3,3 milliards de personnes — soit 40 % de la population mondiale.</p>



<p>La NOAA a aussi indiqué que ces records concernent aussi bien les températures terrestres que celles océaniques globales. Les hausses des températures des océans, ont déclenché un blanchissement mondial des coraux, le quatrième événement de ce type répertorié (après ceux de 1998, 2010, 2014-2017 et désormais 2024).</p>



<p>Enfin, les relevés satellitaires effectués en 2024 sur les huit premiers kilomètres de l’atmosphère ont révélé des températures nettement supérieures à celles des 46 années précédentes, selon l’<a href="https://www.drroyspencer.com/">Université d’Alabama</a> à Huntsville. Le plus inquiétant est que le précédent record, établi en 2023, a ainsi été largement surpassé.</p>



<p><strong>2024 : la première année enregistrée avec des températures dépassant 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels</strong></p>



<p>L’année 2024 a marqué la première fois où la température moyenne globale de surface de la Terre a dépassé 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels, avec des écarts moyens variant entre 1,46 et 1,62 °C &#8211; Ces écarts s’expliquent principalement par l’utilisation de différentes années de référence pour le climat préindustriel, comme 1850 ou 1880, et par des variations dans la prise en compte des zones peu documentées, telles que l’Arctique, notamment avant 1900 &#8211; Bien qu’une chaleur record en 2023 et 2024 ait été anticipée en raison d’un puissant phénomène El Niño dans le Pacifique Est, l’augmentation des températures a dépassé les prévisions. Les <a href="https://bsky.app/profile/enviroem.bsky.social/post/3lbdklfwkr22a">scientifiques du climat cherchent à en comprendre les causes</a>.</p>



<p>En tout état de cause, une augmentation de 1,5 °C au cours d’une seule année ne constitue pas <em>per se </em>une violation du seuil de <a href="https://interactive.carbonbrief.org/one-point-five-pathways/index.html">1,5 °C de l’Accord de Paris</a>. Ce seuil se réfère au réchauffement à long terme sur une période de 30 ans. Néanmoins, cela indique que le monde s’approche rapidement de cette limite.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="780" height="580" src="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-1.png" alt="" class="wp-image-302" srcset="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-1.png 780w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-1-300x223.png 300w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-1-768x571.png 768w" sizes="(max-width: 780px) 100vw, 780px" /></figure>



<p class="has-small-font-size"><strong>Figure 1. Écart de température par rapport à la moyenne 2024</strong></p>



<p class="has-small-font-size">L’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe, en Océanie et en Afrique. L’Asie a connu sa deuxième année la plus chaude, tandis que l’Antarctique a enregistré sa 17e année la plus chaude. Plus de 100 pays — dont la Chine, le Canada, le Mexique, l’Allemagne, le Brésil, la Grèce, la Malaisie et la Corée du Sud — ont connu leur année la plus chaude jamais observée. Ces régions, qui abritent 3,3 milliards de personnes, ont toutes battu des records de chaleur, selon <a href="https://www.carbonbrief.org/state-of-the-climate-2024-sets-a-new-record-as-the-first-year-above-1-5c/">Carbon Brief.</a> Aucune région n’a enregistré de record de froid. <em>(Crédit image : NOAA)</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="780" height="571" src="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-2.png" alt="" class="wp-image-303" srcset="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-2.png 780w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-2-300x220.png 300w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-2-768x562.png 768w" sizes="(max-width: 780px) 100vw, 780px" /></figure>



<p class="has-small-font-size"><strong>Figure 2. Variation de la température moyenne annuelle entre 1995 et 2024</strong></p>



<p class="has-small-font-size">Les régions ayant connu le réchauffement le plus marqué entre 1995 et 2024 incluent l&rsquo;Arctique, la partie Est de l’Europe, le Moyen-Orient, ainsi que les eaux côtières du nord-est et ouest des États-Unis. <em>(Crédit image : NOAA)</em></p>



<p><strong>Pas de signe clair d’un pic des émissions mondiales de CO₂</strong></p>



<p>Selon le rapport <a href="https://globalcarbonbudget.org/">2024 Global Carbon Budget</a> du Global Carbon Project, en 2024, les émissions de dioxyde de carbone résultant des combustibles fossiles et de la production de ciment ont augmenté d’environ 0,8 %, pour atteindre un record annuel de 37,4 milliards de tonnes de CO₂. Cette hausse est similaire à l&rsquo;augmentation <a href="https://x.com/pepcanadell/status/1856503347592978817/photo/1">moyenne de 0,9 % observée</a> dans les années 2010, mais inférieure à celle de 1,4 % enregistrée en 2023. Pour autant, la concentration de CO₂ dans l’atmosphère en 2024 est ainsi environ 52 % supérieure aux niveaux préindustriels.</p>



<p>Les émissions totales de dioxyde de carbone ont dépassé de 2 % le précédent record établi en 2023. Chaque année est un record. Cette augmentation est due à la fois à la hausse des émissions liées aux combustibles fossiles et aux émissions exceptionnellement élevées causées par les changements d’utilisation des terres, notamment résultant <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/2024_South_American_wildfires">des incendies en Amérique du Sud</a> aggravés par un fort phénomène El Niño et des températures records.</p>



<p>Les deux autres principaux gaz à effet de serre d&rsquo;origine humaine — le méthane et le protoxyde d’azote — ont également atteint des niveaux sans précédent en 2024.</p>



<p><strong>Année la plus chaude jamais enregistrée pour les océans</strong></p>



<p>En 2024, et en intégrant des données remontant à 1955, la chaleur totale accumulée dans les océans, tant dans les 700 mètres supérieurs que dans les 2 000 mètres supérieurs, a atteint des niveaux records. Plus de 90 % de la chaleur supplémentaire liée au réchauffement climatique d&rsquo;origine humaine est absorbée par les océans, grâce à leur grande capacité calorifique. Le reste se traduit par un réchauffement atmosphérique, une sécheresse et un réchauffement des terres, ainsi que la fonte des glaces terrestres et marines.</p>



<p>Cette accumulation de chaleur dans les océans contribue à l&rsquo;élévation du niveau de la mer (par expansion thermique et fonte des glaciers), à l&rsquo;intensification des ouragans, à des précipitations plus intenses entraînant des inondations destructrices, à des vagues de chaleur marine endommageant les récifs coralliens, et à des perturbations des circulations atmosphériques.</p>



<p><strong>2025 : une année probablement moins chaude</strong></p>



<p>Selon la <a href="https://www.ncei.noaa.gov/access/monitoring/monthly-report/global/202313/supplemental/page-4">NOAA</a>, il y a 4 % de chances que 2025 dépasse 2024 comme année la plus chaude, mais 96 % de chances qu’elle se classe parmi les cinq années les plus chaudes. Le climatologue Gavin Schmidt prévoit que l’arrivée de La <a href="https://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/analysis_monitoring/enso_advisory/ensodisc.shtml">Niña</a>, en début d’année, rendra 2025 plus fraîche que 2024. Néanmoins, elle sera probablement la troisième année la plus chaude jamais enregistrée, derrière 2024 et 2023, mais devant 2016. Les prévisions du <a href="https://bsky.app/profile/hausfath.bsky.social/post/3ld4tspjf2g2w">UK Met Office confirment le pronostique</a>.</p>



<p><strong>2024 : Année la plus humide jamais enregistrée pour l&rsquo;humidité atmosphérique</strong></p>



<p><strong>Tempêtes tropicales globales proches de la moyenne</strong></p>



<p>En 2024, 85 cyclones tropicaux nommés ont été enregistrés à l&rsquo;échelle mondiale, un chiffre proche de la moyenne de 1980-2024, selon la page <a href="https://tropical.atmos.colostate.edu/Realtime/index.php?arch&amp;loc=global">Colorado State Real-Time Tropical Cyclone Activity</a>. Parmi eux, 42 ont atteint une force équivalente à celle d’un ouragan (vents de 119 km/h ou plus) et 23 sont devenus des ouragans majeurs (vents de 178 km/h ou plus). L’énergie cyclonique accumulée (ACE), une mesure intégrant la force, la fréquence et la durée des tempêtes, est restée en dessous de la moyenne.</p>



<p><strong>Accélération de l’élévation du niveau de la mer</strong></p>



<p>Selon une étude publiée en octobre 2024 intitulée <strong>« </strong><a href="https://www.nature.com/articles/s43247-024-01761-5">Le taux d&rsquo;élévation du niveau mondial des mers a doublé au cours des trois dernières décennies</a><strong>« </strong>, en 2024, le niveau mondial des mers a augmenté d’environ 4,5 mm/an (0,18 pouce/an), En 1992, le niveau de la mer a augmenté de 2,1 mm/an. Le rythme a plus que doublé en 31 ans. Si cette tendance se poursuit, le niveau des mers pourrait augmenter de 5 mm/an d’ici 2030 et de 6,5 mm/an d’ici 2050, entraînant une hausse totale de 169 mm (6,7 pouces) sur les 30 prochaines années.</p>



<p><strong>Année la plus chaude jamais enregistrée aux États-Unis</strong></p>



<p>En 2024, la température moyenne annuelle aux Etats-Unis a été la plus élevée depuis le début des enregistrements en 1895, dépassant de 0,13 °C (0,24 °F) le précédent record établit 2012 à 12,93 °C (55,27 °F).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="780" height="320" src="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-3.jpg" alt="" class="wp-image-304" srcset="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-3.jpg 780w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-3-300x123.jpg 300w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-3-768x315.jpg 768w" sizes="(max-width: 780px) 100vw, 780px" /></figure>



<p class="has-small-font-size"><strong>Figure 3.</strong> Moyenne des températures sur la période 1895-2024. Les températures sur le territoire métropolitain américain (48 États situés sur le continent nord-américain, excluant l&rsquo;Alaska, Hawaï et les territoires d&rsquo;outre-mer) ont augmenté en moyenne de 1,7 degré Fahrenheit (0,9 degré Celsius) au cours des 130 dernières années. Ce réchauffement est légèrement inférieur à celui de la planète dans son ensemble. <em>(Crédit image : <a href="https://www.ncei.noaa.gov/access/monitoring/climate-at-a-glance/national/time-series/110/tavg/3/11/1895-2024?base_prd=true&amp;begbaseyear=1901&amp;endbaseyear=2000">NOAA/NCEI</a>)</em></p>



<p>L’année 2024 enregistre la température la plus élevée jamais enregistrée dans 17 des Etats. De plus, tous les 48 États, à l&rsquo;exception de l&rsquo;Oregon et de Washington, ont connu l&rsquo;une de leurs cinq années les plus chaudes (voir Fig. 4 ci-dessous). Ce qui marque 2024 est la constance dans l’augmentation des températures sur l’ensemble de l’année. Si aucun mois en particulier n’a battu de record national, chaque mois à l’exception de janvier, a figuré parmi les 20 plus chauds des 130 dernières années.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="780" height="462" src="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-4.jpg" alt="" class="wp-image-305" srcset="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-4.jpg 780w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-4-300x178.jpg 300w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-4-768x455.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px" /></figure>



<p class="has-small-font-size"><strong>Figure 4.</strong> Classements des températures moyennes annuelles dans chacun des 48 États situés sur le continent nord-américain (excluant l&rsquo;Alaska, Hawaï et les territoires d&rsquo;outre-mer) des États-Unis sur 130 ans de données (depuis 1895). La couleur rouge foncé indique des records de températures (Crédit image : <a href="https://www.ncei.noaa.gov/access/monitoring/monthly-report/national/202413">NOAA/NCEI</a>).</p>



<p>Le météorologue indépendant <a href="https://bsky.app/profile/climateguyw.bsky.social">Guy Walton</a> a étudié les données de la NOAA pour 2024. Il relève 38 765 records quotidiens de températures maximales élevées, contre 10 423 records de températures minimales basses. Il s’agit d’une augmentation significative par rapport au ratio de 2,4 records de chaleur pour chaque record de froid, observé durant la première moitié des années 2020.</p>



<p>Ainsi, le ratio continue d’augmenter avec le temps, reflétant l’impact du réchauffement climatique. Selon une <a href="https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2009GL040736">étude de 2009</a> coécrite par Walton, si les tendances actuelles se maintiennent, ce déséquilibre pourrait atteindre <strong>20 records de chaleur pour chaque record de froid </strong>d’ici le milieu du siècle.</p>



<p><strong>Précipitations et enneigements variés en 2024</strong></p>



<p>L’ensemble des précipitations (pluie et neige) pour les États-Unis en 2024 a donné un tableau très contrasté. L&rsquo;année a été la 29ᵉ la plus humide sur la période 130 ans (depuis l’enregistrement des données). Cependant, malgré plusieurs inondations dévastatrices — notamment celle provoquée par l’ouragan Helene qui a ravagé des régions autour des montagnes de l’ouest de la Caroline du Nord —, une grande portion du territoire national a connu des conditions de sécheresse prononcée entre la fin de l&rsquo;été et le début de l&rsquo;automne, caractérisées par une déficience significative des précipitations. Cela a porté le pourcentage du territoire des États-Unis en proie à la sécheresse ou à une sécheresse anormale à 87,78 %, son niveau le <a href="https://droughtmonitor.unl.edu/DmData/DataTables.aspx">plus élevé</a> depuis la création du U.S. Drought Monitor en 2000.</p>



<p><strong>Catastrophes météorologiques dépassant le milliard de dollars : 27 en 2024</strong></p>



<p>Pour l’année 2024, le nombre de catastrophes météorologiques aux États-Unis ayant coûté plus d’un <a href="https://www.ncei.noaa.gov/access/billions/">milliard de dollars constants</a> s’élève à 27, juste en deçà du record de 28 établi en 2023. Parmi les catastrophes de 2024 figurent :</p>



<p>17 événements de tempêtes violentes,</p>



<p>5 ouragans,</p>



<p>1 incendie de forêt,</p>



<p>1 sécheresse,</p>



<p>1 inondation,</p>



<p>2 tempêtes hivernales.</p>



<p>La moyenne annuelle des catastrophes dépassant le milliard de dollars constants pour les cinq dernières années (2020–2024) est de 23.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="780" height="589" src="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-5.jpg" alt="" class="wp-image-306" srcset="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-5.jpg 780w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-5-300x227.jpg 300w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-5-768x580.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px" /></figure>



<p class="has-small-font-size"><strong>Figure 5.</strong> Résumé météorologique et climatique des États-Unis pour 2024 selon la NOAA. En 2024, les États-Unis ont enregistré 27 catastrophes météorologiques dépassant le milliard de dollars constants, soit une de moins que le record de 28 établit en 2023. L’ouragan Helene a causé des dégâts estimés à 79 milliards de dollars constants, soit la septième catastrophe météorologique la plus coûteuse de l’histoire du pays. L’ouragan Milton, en engendrant 34 milliards de dollars constants de dommages, se classe au 15ᵉ rang.</p>



<p><strong>Indice des extrêmes climatiques à un niveau record</strong></p>



<p>Les nombreux événements extrêmes de 2024 ont porté l’Indice des Extrêmes <a href="https://www.ncei.noaa.gov/access/monitoring/cei/">Climatiques des États-Unis</a> (U.S. Climate Extremes Index) à son niveau annuel le plus élevé jamais enregistré. Cet indice mesure les extrêmes climatiques en fonction de la portion du territoire affectée, notamment :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Des températures bien au-dessus ou bien en dessous de la moyenne,</li>



<li>Des sécheresses sévères,</li>



<li>Des ouragans touchant terre,</li>



<li>Une forte proportion des précipitations totales concentrée dans des événements ponctuels et extrêmes en une journée.</li>
</ul>



<p>En 2024, 47,38 % du territoire des États-Unis ont subi au moins un événement défini par cet indice, dépassant largement le record précédent de 41,88 % établi en 2020 (sur des données remontant à 1910).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="780" height="320" src="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-6.jpg" alt="" class="wp-image-307" srcset="https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-6.jpg 780w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-6-300x123.jpg 300w, https://www.cri-irc.org/wp-content/uploads/2025/02/Figure-6-768x315.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px" /></figure>



<p class="has-small-font-size"><strong><em>Figure 6.</em></strong><em> L’Indice des extrêmes climatiques des États-Unis a atteint un niveau record annuel en 2024. (Crédit image : NOAA/NCEI)</em></p>



<p><strong>Activité des tornades aux États-Unis en 2024</strong></p>



<p>L’année 2024 a débuté avec une activité tornadique relativement faible, mais de mai à septembre, et à la fin décembre, l’activité est devenue particulièrement intense.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’Oklahoma a <a href="https://x.com/NWSNorman/status/1874239091488993292">enregistré 152 tornades</a>, le total annuel le plus élevé jamais observé dans cet État réputé pour ses tornades.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>À l’échelle nationale, 1 759 tornades confirmées ont été recensées, ce qui en fait la <a href="https://x.com/NWSSPC/status/1877349255507058958">deuxième année la plus active</a> depuis le début du suivi officiel, il y a 75 ans.</li>
</ul>



<p>Le Storm Prediction Center (Centre de prévision des tempêtes de la NWS) maintient également un décompte <a href="https://www.spc.noaa.gov/wcm/adj.html">ajusté à l&rsquo;inflation</a> des tornades, qui tient compte de l’augmentation significative des observations depuis les années 1980 grâce aux chasseurs de tornades, observateurs et autres. Cette version confirme également que 2024 a été la deuxième année la plus active en matière de tornades aux États-Unis.</p>



<p><strong>Impacts humains</strong></p>



<p>Les tornades de 2024 ont fait au <a href="https://www.spc.noaa.gov/climo/torn/test.html">moins 54 victimes aux États-Unis</a>. Comme c’est souvent le cas, plus de la moitié de ces décès (33) ont eu lieu dans des maisons préfabriquées ou mobiles, qui abritent moins de 10 % de la population américaine.</p>



<p><strong>Janvier 2025 : Le phénomène océanique à grande échelle du Pacifique équatorial de La Niña commence, mais devrait se terminer d’ici mai</strong></p>



<p>Le phénomène de La Niña de faible intensité a récemment débuté, selon le <a href="https://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/analysis_monitoring/enso_advisory/ensodisc.shtml">rapport mensuel </a>de la NOAA sur l’état de l’oscillation El Niño/La Niña (ENSO) en janvier. Le phénomène devrait persister jusqu’en avril 2025, avec une probabilité de 59%, avant une transition probable à 60% vers un état ENSO neutre entre mars et mai 2025.</p>



<p><strong>Prévisions pour la saison des ouragans dans l’Atlantique (août-septembre-octobre 2025)</strong></p>



<p>Selon les prévisions de janvier de la NOAA et de l&rsquo;Institut international de recherche pour le climat et la société (IRI) de l’Université Columbia :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Il y a une probabilité de 35 % que La Niña persiste,</li>



<li>Une probabilité de 44 % pour un ENSO neutre,</li>



<li>Et une probabilité de 21 % pour des conditions El Niño.</li>
</ul>



<p>Le phénomène El Niño augmente le cisaillement des vents, ce qui inhibe le développement des ouragans. La Niña a l’effet inverse, favorisant une activité cyclonique accrue dans la région.</p>



<p><strong>Banquise arctique : la surface la plus faible jamais enregistrée en décembre</strong></p>



<p>En décembre 2024, la banquise arctique a atteint son niveau de glace le plus bas jamais observé depuis le début des enregistrements par satellite en 1978 selon le <a href="http://nsidc.org/arcticseaicenews/">National Snow and Ice Data Center</a>. Le <a href="https://arctic.noaa.gov/report-card/">Bulletin annuel de l’Arctique</a>, publié le 10 décembre, a mis en avant les faits saillants suivants pour 2024 :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Températures annuelles de l&rsquo;air de surface : Deuxièmes plus élevés depuis 1900.</li>



<li>Précipitations estivales : L&rsquo;été 2024 a été le plus humide jamais enregistré. Les précipitations dans l&rsquo;Arctique montrent une tendance à la hausse depuis 1950, avec des augmentations les plus marquées en hiver.</li>



<li>Étendue de la banquise en septembre : Classée sixième plus faible dans les 47 ans de données satellitaires, une diminution significative pour une période critique de l&rsquo;année.</li>



<li>Végétation de la toundra : Le verdissement de la toundra, indicateur de l’expansion des arbustes en réponse au réchauffement, a atteint le deuxième plus haut niveau dans les 25 ans de données satellitaires.</li>



<li>Stockage de carbone dans la toundra : En raison de l&rsquo;augmentation des incendies, la toundra arctique est passée d&rsquo;un rôle de puits de carbone à celui de source de dioxyde de carbone.</li>



<li>Populations de caribous migrateurs : Déclin de 65 % au cours des deux ou trois dernières décennies. Si certaines petites populations côtières de l&rsquo;Arctique occidental ont montré des signes de reprise depuis une dizaine d&rsquo;années, les grandes populations intérieures continuent de décliner ou demeurent à des niveaux historiquement bas, selon les observations des aînés autochtones.</li>



<li>Passage du Nord-Ouest : Le passage à travers l&rsquo;archipel canadien s&rsquo;est dégagé de glace sur sa route sud à la fin août. L’étendue de la glace dans le Passage du Nord-Ouest en 2024 a atteint son niveau minimal jamais enregistré depuis le début des relevés satellitaires.</li>



<li>Glace pluriannuelle : À la fin de l&rsquo;été 2024, l&rsquo;étendue de la glace pluriannuelle était similaire à celles de 2022 et 2023. Elle représente 40 % de son étendue moyenne dans les années 1980 et 1990.</li>
</ul>



<p>Ces observations illustrent l’impact profond et continu du réchauffement climatique sur les systèmes environnementaux et écologiques de l’Arctique.</p>



<p><strong>Diminution de la perte de glace de mer en Antarctique</strong></p>



<p>La perte de glace de mer en Antarctique a ralenti de manière significative en décembre 2024, après une période prolongée de niveaux bas quotidiens records ou quasi-records observés en 2023 et 2024. L&rsquo;<a href="https://nsidc.org/data/seaice_index">étendue de la glace en décembre</a> s&rsquo;est classée au neuvième rang des plus faibles jamais enregistrées.</p>



<p><strong>Records de chaleur nationale et territoriale en 2024</strong></p>



<p>Selon <a href="https://twitter.com/extremetemps">Maximiliano Herrera</a>, spécialiste des records météorologiques internationaux (présent sur <a href="https://bsky.app/profile/extremetemps.bsky.social">Bluesky</a> et <a href="https://twitter.com/extremetemps">X</a>), 22 nations ou territoires ont établi ou égalé leurs records de chaleur absolus en 2024. Parmi eux, six nations ou territoires ont battu ou égalé à plusieurs reprises leur ancien record de chaleur en 2024. En revanche, aucun pays n&rsquo;a établi ou égalé de record absolu de froid durant la même période.</p>



<p>Autre statistique d’importance notée par Herrera sont :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le record pour le plus grand nombre de records de chaleurs, soit 24, établi en 2019. Il n’y en eu 21 en 2023.</li>



<li>502 stations météorologiques ont enregistré des records absolus de chaleur en 2024 (597 en 2023, 762 en 2022 et 404 e 2021), et six pour un record absolu de froid.</li>
</ul>



<p>Ces données illustrent la tendance globale à des conditions de chaleur extrême de plus en plus fréquentes, avec un impact disproportionné par rapport aux événements de froid extrême.</p>



<p><strong>Vingt-deux records absolus de chaleur nationale/territoriale établis en 2024 :</strong></p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="has-small-font-size">Îles Cocos (Australie) : 32,8 °C le 28 février, 29 février et 7 avril (égalé) à l’aéroport des Îles Cocos ; record battu avec 33,2 °C le 3 décembre au même endroit; Costa Rica : 41,0 °C à Cerro Huacalito le 6 mars ; record battu avec 41,5 °C le 23 mars au même endroit; Comores : 36,2 °C à l’aéroport de Hahaya le 12 mars; Congo-Brazzaville : 39,6 °C à Impfondo le 13 mars; Maldives : 35,1 °C à Hanimadhoo le 24 mars ; égalé le 11 avril au même endroit; Togo : 44,0 °C à Mango le 31 mars.; Mali : 48,5 °C à Kayes le 3 avril; Belize : 42,3 °C à Barton Creek le 10 avril ; égalé le 17 mai à Chaa Creek; Tchad : 48,0 °C à Faya le 24 avril ; égalé le 5 juin au même endroit; Cambodge : 42,8 °C à Preah Viehar et Svay Leu le 27 avril; Laos : 43,7 °C à Tha Ngon le 1ᵉʳ mai (record battu pour la 3ᵉ fois en 2024); Ghana : 44,6 °C à Navrongo le 1ᵉʳ mai; Palaos : 35,0 °C à l’aéroport international de Babelthuap le 29 mai (égalé) ; record battu avec 35,6 °C à Koror le 2 juin; Égypte : 50,9 °C à Assouan le 7 juin; Mexique : 52,0 °C à Tepache le 20 juin (égalé); République dominicaine : 41,4 °C à Boca de Mao le 8 août; Colombie : 43,4 °C à Jerusalen le 14 septembre; Saint-Barthélemy (France) : 35,8 °C à Gustavia le 24 septembre; Dominique : 36,6 °C à Canefield; Bolivie : 47,0 °C à Villamontes le 7 octobre (égalé); Guyane française (France) : 39,3 °C à Gustavia le 6 novembre; Terres australes et antarctiques françaises : 37,5 °C sur l’île Juan de Nova le 25 décembre.</p>
</div></div>



<p>Aucun pays ou territoire n’a établi ou égalé de record absolu de froid en 2024.</p>



<p><strong>202 records mensuels nationaux/territoriaux de chaleur battus ou égalés en 2024</strong></p>



<p>En plus des 22 records absolus de chaleur nationale/territoriale mentionnés précédemment (ainsi que six records supplémentaires pour les Maldives, Belize, Tchad et Palaos établis sur deux mois différents, et trois records établis aux Îles Cocos sur trois mois différents), 202 records mensuels nationaux ou territoriaux de chaleur ont été battus ou égalés en 2024, portant le total à 230 records mensuels absolus.</p>



<p>Ci-dessous les 202 records mensuels supplémentaires répartis par mois :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Janvier (15) : </strong>Mayotte, Dominique, Saba, Îles Cocos, Malte, Hong Kong, Côte d’Ivoire, Maldives, Andorre, Portugal, Costa Rica, Royaume-Uni, Seychelles, Martinique, Saint-Barthélemy.</li>



<li><strong>Février (18) : </strong>Maldives, Guyane française, Guyana, Dominique, Curaçao, Saint-Kitts-et-Nevis, Antigua-et-Barbuda, Îles Vierges des États-Unis, Belize, Corée du Nord, Maroc, Terres australes françaises, Hong Kong, Taïwan, Pérou, Laos, Tchad, Togo.</li>



<li><strong>Mars (24) : </strong>Paraguay, Samoa, Zimbabwe, Dominique, Cameroun, Ghana, Guyana, Guyane française, République dominicaine, Taïwan, Hong Kong, Saba, Territoires britanniques de l’océan Indien, Îles Salomon, Suriname, Guatemala, Croatie, Pologne, Biélorussie, Lituanie, Lettonie, Estonie, Bénin, Burkina Faso.</li>



<li><strong>Avril (28) : </strong>Dominique, Terres australes françaises, Costa Rica, Polynésie française, Guyane française, Guyana, Mauritanie, Côte d’Ivoire, Saba, Comores, Territoires britanniques de l’océan Indien, Maurice, Chine, Slovénie, Croatie, Bosnie, Cap-Vert, Népal, Zimbabwe, Chypre, Turquie, Niger, Jordanie, Israël, Vietnam, Colombie, Saint-Barthélemy, Laos.</li>



<li><strong>Mai (20) : </strong>Sri Lanka, Maurice, Tuvalu, Côte d’Ivoire, Dominique, Niue, Brésil, Martinique, Maldives, Costa Rica, Mexique, Belize, Îles Caïmans, Cuba, Saba, Îles Cocos, Niger, Koweït, Irak, Saint-Eustache.</li>



<li><strong>Juin (25) : </strong>Terres australes françaises, Guatemala, Aruba, Curaçao, Zimbabwe, Comores, Grenade, Saint-Eustache, Corée du Nord, Nouvelle-Zélande, Dominique, Îles Cocos, Costa Rica, Maurice, Martinique, Taïwan, Paraguay, Algérie, Turquie, Saint-Pierre-et-Miquelon, Koweït, Chine, Guyane française, Guadeloupe, Malaisie.</li>



<li><strong>Juillet (16) : </strong>Îles Vierges des États-Unis, Palaos, Îles Cocos, Aruba, Territoires britanniques de l’océan Indien, Dominique, Arabie Saoudite, Biélorussie, Maurice, Maldives, Curaçao, Îles Salomon, Mariannes du Nord, Brunei, Mozambique, Guyane française.</li>



<li><strong>Août (11) : </strong>Palaos, Terres australes françaises, Australie, Territoires britanniques de l’océan Indien, Svalbard, Indonésie, Zimbabwe, Eswatini, Équateur, Comores, Guadeloupe.</li>



<li><strong>Septembre (14) : </strong>Taïwan, Slovénie, Suède, Norvège, Mexique, Colombie, Corée du Nord, Hong Kong, Cuba, Bangladesh, Népal, Îles Cocos, Gabon, Malaisie.</li>



<li><strong>Octobre (11) : </strong>États-Unis, Mexique, Saba, Maldives, Territoires britanniques de l’océan Indien, Brésil, Seychelles, Chili, Terres australes françaises, Îles Salomon, Guadeloupe.</li>



<li><strong>Novembre (12) : </strong>Inde, Japon, Iran, Pakistan, Émirats arabes unis, Îles Féroé, Maldives, Portugal, Territoires britanniques de l’océan Indien, Islande, Terres australes françaises, Vanuatu.</li>



<li><strong>Décembre (8) : </strong>Norvège, Curaçao, Zimbabwe, Singapour, Botswana, Maldives, Portugal, Libéria.</li>
</ul>



<p><strong>Tendance globale</strong></p>



<p>Ces records mensuels démontrent l&rsquo;ampleur et la répartition mondiale des records de chaleur extrême en 2024, témoignant de l’impact croissant du réchauffement climatique.</p>



<p><strong>Trois records mensuels nationaux/territoriaux de froid battus en 2024</strong></p>



<p>En complément des trois records absolus de froid mentionnés précédemment, six nations ou territoires ont établi un record mensuel absolu de froid en 2024, portant le total à neuf records mensuels de froid pour l&rsquo;année :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Chine : Record absolu de froid pour le mois de février.</li>



<li>Qatar : Record absolu de froid pour le mois de mars.</li>



<li>Myanmar : Record absolu de froid pour le mois de septembre.</li>
</ul>



<p><strong>Records mondiaux notables de chaleur et de froid en 2024</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Température la plus élevée dans l&rsquo;hémisphère Nord : 54,1 °C (129,4 °F) à Death Valley, Californie (États-Unis), le 8 juillet.</li>



<li>Température la plus basse dans l&rsquo;hémisphère Nord : -58,5 °C (-73,3 °F) à Yurty, Russie, le 1er janvier.</li>



<li>Température la plus élevée dans l&rsquo;hémisphère Sud : 49,9 °C (121,8 °F) à Carnarvon, Australie, le 18 février.</li>



<li>Température la plus basse dans l&rsquo;hémisphère Sud : -82,1 °C (-115,8 °F) à Dome Fuji, Antarctique, le 16 juillet.</li>



<li>Température moyenne annuelle la plus élevée dans l&rsquo;hémisphère Sud en 2024 : 30,2 °C (86,4 °F) à Surabaya AP, Indonésie.</li>



<li>Température moyenne annuelle la plus élevée dans l&rsquo;hémisphère Nord en 2024 : 32,5 °C (90,5 °F) à Yelimane, Mali.</li>
</ul>



<p><strong>Record absolu de température annuelle moyenne mondiale</strong></p>



<p>Le record absolu de la température moyenne annuelle la plus élevée jamais enregistré sur Terre reste 32,9 °C (91,2 °F), observé à Makkah, Arabie saoudite, en 2010 et en 2016.</p>



<p>Ces données reflètent les extrêmes climatiques de 2024, mettant en évidence des tendances continues de réchauffement, l’augmentation des extrêmes, et des anomalies dans le contexte du changement climatique global.</p>



<p><strong>Quatorze records notables de température hémisphériques et continentaux établis en 2024</strong></p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Température minimale la plus élevée jamais enregistrée en janvier en Asie : 28,5 °C (83,3 °F) à Bangkok Klong Thoey, Thaïlande, le 14 janvier.</li>



<li>Température minimale la plus élevée jamais enregistrée en février en Asie : 29,1 °C (84,1 °F) à Diego Garcia (Territoires britanniques de l’océan Indien), le 18 février.</li>



<li>Température minimale la plus élevée jamais enregistrée en mars en Amérique du Sud : 31,6 °C (88,9 °F) à Mariscal Estigarribia, Paraguay, le 17 mars.</li>



<li>Température la plus élevée jamais enregistrée en avril en Afrique : 48,5 °C (119,3 °F) à Kayes, Mali, le 3 avril.</li>



<li>Température la plus élevée jamais enregistrée en mai en Amérique du Nord : 51,1 °C (124,0 °F) à Gallinas, Mexique, le 9 mai.</li>



<li>Température minimale la plus élevée jamais enregistrée en mai dans l’hémisphère Sud : 29,7 °C (85,5 °F) à Funafuti, Tuvalu, le 21 mai.</li>



<li>Température la plus élevée jamais enregistrée en juin en Afrique : 50,9 °C (123,6 °F) à Assouan, Égypte, le 7 juin.</li>



<li>Température minimale la plus élevée jamais enregistrée en juin dans l’hémisphère Sud : 29,3 °C (84,7 °F) à Funafuti, Tuvalu, le 18 juin.</li>



<li>Température minimale la plus élevée jamais enregistrée en juillet dans l’hémisphère Sud : 28,8 °C (83,8 °F) à Nukunonu, Tokelau (territoire néo-zélandais), le 16 juillet.</li>



<li>Température minimale la plus élevée jamais enregistrée en août dans l’hémisphère Sud : 29,7 °C (85,5 °F) à Filadelfia, Paraguay, le 3 août.</li>



<li>Température la plus élevée jamais enregistrée en août et pendant tout l’hiver en Océanie : 41,6 °C (105,8 °F) à Yampi Sound, Australie, le 26 août.</li>



<li>Température minimale la plus élevée jamais enregistrée en septembre dans l’hémisphère Sud : 30,9 °C (87,6 °F) à Cuiaba, Brésil, le 26 septembre.</li>



<li>Température la plus élevée jamais enregistrée en octobre en Amérique du Nord : 47,2 °C (117,0 °F) à Palm Springs et Indio (États-Unis), record égalé le 6 octobre à Ejido Nuevo Leon, Mexique.</li>



<li>Température minimale la plus élevée jamais enregistrée en décembre en Amérique du Nord : 28,6 °C (83,5 °F) à Hato, Curaçao, Pays-Bas, le 1ᵉʳ décembre.</li>
</ol>



<p>Ces records reflètent l’ampleur des anomalies climatiques en 2024, marquant des températures extrêmes sans précédent dans plusieurs régions du globe.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Radhia Nasraoui, son engagement pour les droits de l’homme et contre la torture en Tunisie</title>
		<link>https://www.cri-irc.org/radhia-nasraoui-son-engagement-pour-les-droits-de-lhomme-et-contre-la-torture-en-tunisie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CRI-IRC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jul 2018 11:24:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Une Femme, Un Pays]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://criirc.webhost3.domainoo.net/?p=78</guid>

					<description><![CDATA[Ecrit par Jean Albert, Ludivine Tomasso/ Editeurs: Emilie Dessens, Jacqueline Duband  Lundi, 17 Janvier 2011 19:04 &#160; Radhia Nasraoui est une avocate tunisienne qui s’est toujours battue pour faire respecter les droits de l’homme dans son pays. Présidente de l’association contre la lutte de la torture en Tunisie, son travail lui a valu, à de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ecrit par Jean Albert, Ludivine Tomasso/ Editeurs: Emilie Dessens, Jacqueline Duband </em></p>
<p><em>Lundi, 17 Janvier 2011 19:04</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h5>Radhia Nasraoui est une avocate tunisienne qui s’est toujours battue pour faire respecter les droits de l’homme dans son pays.</h5>
<h5>Présidente de l’association contre la lutte de la torture en Tunisie, son travail lui a valu, à de nombreuses reprises, de faire l’objet de violence. Il est de plus en plus difficile pour elle de remplir ses fonctions d’avocat dans un climat de répression généralisée mis en place pour garantir au Président Ben Ali et à ses proches la pérennité du pouvoir.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Son travail pour faire respecter les droits de l’homme en Tunisie.</strong></h4>
<p>&nbsp;</p>
<h5>Cette mère de trois enfants est mariée à Hamma Hammami, le porte-parole du parti communiste des travailleurs tunisiens qui a été interdit par le gouvernement du Président Ben Ali.</h5>
<h5>Son travail, reconnu internationalement, a toujours porté sur la défense de cas difficiles concernant des prisonniers d’opinion ainsi que des personnes ayant des différends avec les proches du pouvoir.</h5>
<h5>Elle fait elle-même l’objet d’une étroite surveillance et elle a dû faire face, à plusieurs reprises, à des actes de violence.</h5>
<h5>En 1998, une vague d’arrestations touche une vingtaine de personnes en Tunisie, dont son mari. Elles sont accusées d’appartenir au parti communiste des travailleurs tunisiens, une organisation qui n’est pas reconnue par le gouvernement tunisien.</h5>
<h5>Elle est alors engagée pour défendre plusieurs accusés avant d’être à son tour arrêtée. Elle est alors accusée d’ « aide à la tenue d’une réunion d’une association qui appelle à la haine » et pour avoir permis à son mari (qui a fui devant les accusations) d’entrer en contact avec certains accusés.</h5>
<h5>Le procès traine en longueur et Radhia Nasraoui est assignée à résidence dans Tunis pendant plus d’un an.</h5>
<h5>Durant son procès,  elle  réaffirme son engagement à défendre les prisonniers d’opinion. Elle souligne également que l’interdiction, dont font l’objet certaines associations  en Tunisie, est contraire aux conventions internationales auxquelles le pays adhère, notamment l’<a title="Article 22" href="http://www2.ohchr.org/french/law/ccpr.htm" target="_blank" rel="noopener">article 22</a> du Pacte international relatif aux droits politiques et sociaux « Toute personne a le droit de s&rsquo;associer librement avec d&rsquo;autres, y compris le droit de constituer des syndicats et d&rsquo;y adhérer pour la protection de ses intérêts ».</h5>
<h5>En <a title="2004" href="http://www.frontlinedefenders.org/node/279" target="_blank" rel="noopener">2004</a>, elle entame une grève de la faim afin de protester contre les pressions auxquelles elle doit faire face et l’inaction des autorités concernant la prise en charge de sa plainte. En effet, alors qu’elle rend visite à un de ses anciens clients, la police intervient au domicile de ce dernier. A cette occasion, Radhia Nasraoui est prise à parti et violemment jetée sur le sol. Bien qu’elle ait porté plainte, aucune suite n’y est donnée.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Harcèlements et violence, son lot quotidien</strong></h4>
<p>&nbsp;</p>
<h5>Mises à sac de son bureau à de multiples reprises, placement sous écoute, tentatives d’intimidation… sont le quotidien de Maître Nasraoui.</h5>
<h5>A de nombreuses reprises, elle a fait l’objet de violence de la part des autorités.</h5>
<h5>En 2005, elle participe à une manifestation pacifique pour protester contre l’arrestation de Mohammed Abbou, avocat et président du Conseil national pour les libertés en Tunisie, arrêté pour les motifs suivants : dissémination de fausses informations, diffamation, incitation à enfreindre la loi… après la parution d’un article dénonçant la pratique de la torture en Tunisie.</h5>
<h5>Lors de cette manifestation, Maître Nasraoui est brutalisée : on lui casse le nez et elle  souffre de nombreuses contusions suite aux coups reçus.</h5>
<h5>Le 18 Avril 2008, alors qu’elle essaye de rendre visite à un de ses clients, Slim Boukhdir, un journaliste tunisien, dans la prison dans laquelle il est détenu en Tunisie, une trentaine de policiers la prennent à partie et l’obligent à regagner sa voiture.</h5>
<h5>Ils la suivent jusqu’à ce qu’elle arrive chez elle.</h5>
<h5>Plus récemment encore, en 2009, alors qu’elle devait rencontrer un de ses clients en dehors de la ville de Tunis,  plusieurs inconnus étaient intervenus l’obligeant à battre en retraite dans sa voiture. Quelques jours avant l’incident, son client, Ammar Amroussia, avait porté plainte pour coups et blessures contre des membres des forces de l’ordre.</h5>
<h5>C’est aussi peu de temps avant cet incident, que sans raison apparente, <a title="fouille au corps" href="http://www.frontlinedefenders.org/node/2020" target="_blank" rel="noopener">un officier des douanes de l’aéroport</a> décide d’effectuer une fouille au corps. Maitre Nasraoui refuse et après plusieurs heures d’attente, les services de sécurité l’escortent hors de l’aéroport.</h5>
<h5>A plusieurs reprises Maitre Nasraoui s’est vu refuser le droit de quitter le territoire tunisien.</h5>
<h5>Malgré les menaces, les pressions et la violence, elle ne baisse pas les bras et continue de se battre pour la liberté en Tunisie et contre l’usage de la torture.</h5>
<h5>En plus de ses activités d’avocate, elle est présidente de l’association de lutte contre la torture en Tunisie. L’association se bat pour sensibiliser l’opinion publique concernant ces pratiques qui ont toujours lieu dans les prisons tunisiennes.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Le problème de la torture et de la loi anti-terrorisme en Tunisie</strong></h4>
<p>&nbsp;</p>
<h5>La Tunisie possède pourtant une loi qui non seulement interdit la torture mais qui en fait un crime punissable d’une lourde peine de prison. L’article 101 du code pénal tunisien stipule en effet que « est puni d&rsquo;un emprisonnement de huit ans, le fonctionnaire ou assimilé qui soumet une personne à la torture et ce, dans l&rsquo;exercice ou à l&rsquo;occasion de l&rsquo;exercice de ses fonctions ».</h5>
<h5>Le terme <a title="torture" href="http://www.jurisitetunisie.com/tunisie/codes/cp/cp1080.htm" target="_blank" rel="noopener">torture</a> désigne « tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d&rsquo;obtenir d&rsquo;elles ou d&rsquo;une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d&rsquo;un acte qu&rsquo;elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d&rsquo;un acte qu&rsquo;elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d&rsquo;avoir commis, de l&rsquo;intimider ou de faire pression sur elle ou d&rsquo;intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou lorsque la douleur ou les souffrances aiguës sont infligées pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu&rsquo;elle soit. »</h5>
<h5>La peine a été ramenée à cinq ans en 2005.</h5>
<h5>La Tunisie est également partie à la <a title="Convention contre la torture" href="http://www2.ohchr.org/french/law/cat.htm" target="_blank" rel="noopener">Convention contre la torture</a> depuis 1988, soit juste après l’arrivée au pouvoir du président Ben Ali.  Le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture s’était vu refuser par deux fois sa demande de visite  en 1998 et en 2007.</h5>
<h5>Le 10 décembre 2003, une loi relative « au soutien des efforts internationaux de  lutte contre le terrorisme et à la répression du blanchiment d’argent » a été mise en place en Tunisie. Dès son entrée en application, la loi a généré de fortes inquiétudes qui n’ont fait que se confirmer, malheureusement, par la suite.</h5>
<h5>Sous couvert de lutte contre le terrorisme, le gouvernement tunisien a arrêté des dizaines de jeunes pour leurs engagements auprès de syndicats ou de partis politiques car le texte de <a title="loi" href="http://www.jurisitetunisie.com/tunisie/codes/terror/terror1015.htm" target="_blank" rel="noopener">loi</a> donne une définition assez générale du mot « terrorisme » qui peut être interprété différemment par le gouvernement et les juges : « toute infraction quels qu&rsquo;en soient les mobiles, en relation avec une entreprise individuelle ou collective susceptible de terroriser une personne ou un groupe de personnes, de semer la terreur parmi la population, dans le dessein d&rsquo;influencer la politique de l&rsquo;État et de le contraindre à faire ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas tenu de faire ou à s&rsquo;abstenir de faire ce qu&rsquo;il est tenu de faire, de troubler l&rsquo;ordre public, la paix ou la sécurité internationale, de porter atteinte aux personnes ou aux biens, de causer un dommage aux édifices abritant des missions diplomatiques, consulaires ou des organisations internationales, de causer un préjudice grave à l&rsquo;environnement, de nature à mettre en danger la vie des habitants ou leur santé, ou de porter préjudice aux ressources vitales, aux infrastructures, aux moyens de transport et de communication, aux systèmes informatiques ou aux services publics ».</h5>
<h5>Des membres d’associations, non-reconnues par le gouvernement, se font donc régulièrement arrêter sous le prétexte de « terrorisme ». En effet, le texte de loi ne cite pas expressément l’utilisation de la violence comme définissant une action terroriste. On peut alors se demander ce qu’il en est des manifestations pacifiques. Et c’est là que le bât blesse.</h5>
<h5>Cette loi permet donc l’arrestation et la détention de prisonniers d’opinions. En conséquence, elle porte sérieusement atteinte à la liberté d’expression dans un pays où celle-ci était déjà difficilement garantie et protégée.</h5>
<h5>Comme l’a souligné un responsable des Nations-Unies en visite en Tunisie en janvier 2010, la loi présente de nombreuses lacunes.</h5>
<h5>En plus de la définition vague qu’elle propose du terrorisme, cette loi permet de punir des personnes pour des intentions et non pour des faits réellement commis. En effet, il est possible d’être <a title="arrêté pour avoir regardé un site" href="http://www.magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/fr/features/awi/features/2010/01/29/feature-01" target="_blank" rel="noopener">arrêté pour avoir simplement regardé des sites internet ayant un lien avec des questions religieuses</a>.</h5>
<h5>Un rapport de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT), présidé par Radhia Nasraoui et le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie, intitulé « <a title="torture et impunité" href="http://www.fidh.org/IMG/pdf/crldht-altt-torture-en-tunisie-rapport.pdf" target="_blank" rel="noopener">La torture et la loi antiterroriste du 10 décembre 2003 en Tunisie Faits et témoignages afin que cesse l’impunité</a> » publié en 2008, dénonce les déviations de cette loi.</h5>
<h5>Les personnes arrêtées dans le cadre de la loi anti-terroriste sont détenues dans des lieux secrets sans que leur famille ne soit mise au courant.  Ce type d’emprisonnement « terrorise » les familles et la population car il crée un climat de peur et de terreur permanent ; des hommes, femmes, enfants pouvant disparaître à tout instant sans qu’aucune explication ne soit donnée.</h5>
<h5>Les anciens détenus ont tous déclaré à la suite de ces interpellations qu’ils avaient fait l’objet de mauvais traitements et qu’on les avait soumis à la torture pour leur arracher des aveux. Comme chacun sait, la torture permet d’obtenir n’importe quel aveu.</h5>
<h5>Tous s’accordent à dire que les premiers jours de torture se déroulaient toujours au sein du Ministère de l’Intérieur.</h5>
<h5>Les juges n’hésitent pas ensuite à utiliser ces « aveux » pour condamner les suspects.</h5>
<h5>Le rapport avance le chiffre de 1250 victimes de la loi anti-terroriste et de la torture.</h5>
<h5>70% des personnes arrêtées sont âgées entre 17 et 27 ans. Les condamnations peuvent aller jusqu’à la peine capitale.</h5>
<h5>Le cas de Mimoun Alloucha, un jeune handicapé mental, condamné pour des actes de terrorisme révèle bien le caractère arbitraire de ces arrestations.</h5>
<h5>Agé de 27 ans, ce dernier a été arrêté en décembre 2006 et de nombreux rapports psychiatriques le décrivent comme n’ayant pas toutes ses capacités mentales. Durant sa détention, il a subi de mauvais traitements et des sévices sexuels qui n’ont fait qu’aggraver son cas.</h5>
<h5>Malgré les preuves dont disposait la défense, il a été condamné en 2007 à 15 ans de prison ferme pour avoir participé à des manifestations s’opposant aux forces de l’ordre fin 2006 début 2007 dans la région de Soliman.</h5>
<h5>Grâce aux témoignages recueillis auprès des familles et des détenus, le rapport a pu mettre en évidence le caractère systématique des tortures.</h5>
<h5>« <em>Généralement, les séances de torture ont lieu au début de la détention et commencent par la mise à nu du détenu. Les méthodes les plus utilisées sont : les insultes, l’utilisation d’un langage ordurier, les menaces de viol des détenus ou de leurs parentes proches (la mère, l’épouse, la fille, la sœur…), les menaces de mort, la privation de sommeil pendant plusieurs jours de suite, la privation de nourriture, les coups sur toutes les parties du corps avec utilisation de bâton, de cravache, de câbles électriques, la falqua, le « poulet rôti », la « baignoire», le  balanco, la suspension par les mains au plafond, les chocs électriques, les sévices sexuels, l’introduction de divers objets dans l’anus, les brûlures de cigarettes ou de chalumeau, etc. »</em></h5>
<h5>Le maintien au pouvoir du Président Ben Ali et de ses proches depuis plus de 23 ans passe par la répression de la liberté d’opinion et d’expression et la mise en place d’un régime autoritaire qui ne dit pas son nom.</h5>
<h5>Maître Nasraoui se bat, comme des milliers de tunisiens et de tunisiennes, pour l’application des droits de l’homme et pour que l’opinion mondiale découvre que, derrière les images de plages de sable blanc et de paradis pour les touristes, se cache en fait un régime répressif qui fait peu de cas de la liberté d’opinion et pratique la torture.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Des émeutes qui touchent le pays et la fin d’un régime</strong></h4>
<p>&nbsp;</p>
<h5>Les émeutes qui touchent en ce moment même le pays et qui ont fait de nombreux morts se sont étendus à de nombreuses villes tunisiennes pour protester contre le taux de chômage et les difficultés que rencontrent les jeunes au quotidien mais également pour protester contre le manque de liberté qui touche la jeune génération tunisienne.</h5>
<h5>Ces émeutes ont été déclenchées par une vague de suicides qui dénote bien le désespoir de la jeunesse tunisienne qui est la cible principale de la loi contre le terrorisme.</h5>
<h5>Le 17 décembre dernier, Mohamed Bouazizi, 26 ans, un vendeur ambulant s’est immolé par le feu après que sa marchandise ait été saisie par la police. Cet évènement a déclenché une série de réactions chez les tunisiens qui ont manifesté leur mécontentement sur la situation sociale en Tunisie.</h5>
<h5>La réaction du gouvernement de Ben Ali ? Un officiel a déclaré que les manifestants étaient « <a title="pilleurs" href="http://www.leparisien.fr/international/tunisie-la-revolte-degenere-en-emeutes-meurtrieres-09-01-2011-1219551.php" target="_blank" rel="noopener">des bandes de pilleurs infiltrés</a> » qui en aucun cas ne manifestaient pour l’amélioration de leurs conditions de vie.</h5>
<h5>Pourtant, le 14 Décembre 2010, après plus de 23 ans au pouvoir, le Président Ben Ali a quitté le pays.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Un évènement historique, des changements nécessaires mais une situation fragile</strong></h4>
<p>&nbsp;</p>
<h5>Les changements en Tunisie sont historiques.  Ils étaient aussi nécessaires.</h5>
<h5>On peut espérer une transition pacifique vers un régime plus représentatif et respectueux de la règle de droit et des droits fondamentaux.  Le Président Ben Ali a favorisé l’accès à l’éducation de l’ensemble de la population.  Il ne pouvait, après avoir permis l’éducation généralisée de la population, espérer comme c’est encore possible dans d’autres pays où les gouvernements autoritaires luttent contre l’éducation – notamment des femmes (l’éducation des femmes se limitant à apprendre des textes dans une langue qu’elles ne connaissent pas, à faire du pain et à coudre) -, limiter l’expression des idées ad vitam eternam.  Il est l’artisan de sa propre déstitution.</h5>
<h5>La population Tunisienne est en droit de prendre une part active dans les débats d’idées et de participer aux décisions concernant les politiques du pays.  Les lois répressives évoquées plus haut doivent être modifiées pour permettre la plus grande liberté d’expression notamment au sein des médias.</h5>
<h5>Il est important que le régime nouveau soit représentatif et que le gouvernement intérimaire permette à la population, par voie de consultation, de participer aux élections à venir tant (i) comme électeurs, que comme (ii) personnes éligibles et (iii) contrôleurs de la légitimité du processus électoral.</h5>
<h5>Le gouvernement intérimaire a annoncé la tenue d’élection pour dans deux mois avec exclusion de certains partis.  Pourtant, il serait plus judicieux de tenir des élections pour d’ici la mi 2011 et d’ouvrir à la participation de tout parti politique légitime et représentatif.  On pense ici notamment à la possibilité pour le parti communiste Tunisien de pouvoir participer au processus.</h5>
<h5>Le gouvernement intérimaire pourrait aussi proposer à des personnalités comme Radhia Nasraoui de participer au gouvernement intérimaire pour garantir la continuité dans le changement.  Radhia Nasraoui pourrait notamment être nommée ministre de la justice.</h5>
<h5>On peut aussi espérer une transition vers un régime moins corrompu ou l’abus de pouvoir deviendrait l’exception et qui serait plus tourné vers les libertés économiques.  Le nouveau gouvernement devra faciliter le commerce en affirmant et garantissant les libertés économiques.  La multiplication des licences, autorisations, certificats et autres documents nécessaires pour commercer en Tunisie et l’utilisation de ces multiples barrières par les fonctionnaires pour obtenir faveurs et compensations a eu sur le long terme un effet paralysant sur l’économie.  L’abus de pouvoir économique et la corruption fragilisent les économies parce qu’ils (i) créent des barrières artificielles à l’entrée sur le marché, (ii) accroissent les coûts transactionnels, (iii) augmentent l’incertitude, (iv) démotivent ceux qui ont l’esprit d’entreprise, (v) récompensent l’oisiveté et (vi) favorisent les marché parallèles.  Dans un contexte de crise mondiale des matières premières, une économie fragilisée court un risque important de paralysie.</h5>
<h5>La liberté d’entreprendre et de commerce doit être réaffirmée en Tunisie et les lois doivent être modifiées pour (i) limiter les opportunités d’abus ; notamment en réduisant l’exigence de licences, autorisations etc… ou en facilitant et en rationalisant leurs conditions d’octroi et (ii) favoriser la lutte contre l’abus de pouvoir et la corruption en protégeant effectivement, tout en les récompensant, ceux qui dénoncent ces pratiques et en sanctionnant lourdement les responsables.</h5>
<h5>Il est vrai que tant que le risque d’une menace de prise de pouvoir par les islamistes extrémistes existera dans la région, il sera difficile d’envisager des régimes moins autocratiques.  Pourtant, l’armée très puissante en Tunisie doit le rester, et elle peut être le garde-fou contre les extrémismes tout en garantissant la démocratie.  Elle doit comprendre que c’est là sa fonction et son rôle.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Des conséquences négatives dans d’autres pays</strong></h4>
<p>&nbsp;</p>
<h5>L’exemple de la Tunisie aura des conséquences importantes sur les pays dont les régimes sont aussi autoritaires.  Il y a un risque en effet que les chefs d’Etats de pays autoritaires prennent des mesures encore plus répressives.  Ils verront dans les derniers mois de la Présidence Ben Ali des signes de faiblesse de la part du régime, faiblesse dont certains groupes, puis la population, ont su profiter pour renverser le régime.  On doit donc s’attendre dans les prochaines semaines à des rafles d’opposants politiques dans un certain nombre de pays.</h5>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi faut-il une politique particulière de protection des personnes handicapées ?</title>
		<link>https://www.cri-irc.org/pourquoi-faut-il-une-politique-particuliere-de-protection-des-personnes-handicapees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CRI-IRC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jul 2018 11:24:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[Ecrit par Jean Albert, Ludivine Tomasso, Jean-Baptiste Merlin Mercredi, 17 Novembre 2010 08:11 Il existe aujourd’hui plus de 650 millions de personnes handicapées dans le monde . L’accès à l’éducation, au monde du travail, et l’intégration à la société plus généralement, est très difficile pour ces personnes. Afin de protéger et de garantir leurs droits, différents [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ecrit par <i>Jean Albert, Ludivine Tomasso, Jean-Baptiste Merlin</i></em></p>
<p><i>Mercredi, 17 Novembre 2010 08:11</i></p>
<h5></h5>
<h5><em>Il existe aujourd’hui plus de 650 millions de personnes handicapées dans le monde . L’accès à l’éducation, au monde du travail, et l’intégration à la société plus généralement, est très difficile pour ces personnes.</em></h5>
<h5><em>Afin de protéger et de garantir leurs droits, différents systèmes ont été mis en place au niveau international et également européen.  La Commission Européenne propose notamment un nouveau plan.</em></h5>
<h4 style="text-align: center;"><em><strong>I.            La protection des personnes handicapées en droit international</strong></em></h4>
<h5><strong>a.      La convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées</strong></h5>
<h5>La convention a été adoptée le 13 décembre 2006 par l’Assemblée générale de l’ONU.</h5>
<h5>Elle est entrée en vigueur le 3 mai 2008, trente jours après avoir été ratifiée par le vingtième pays.</h5>
<h5>Elle ne crée pas de nouveaux droits mais réaffirme la volonté de promouvoir, de protéger et de garantir les droits fondamentaux des personnes handicapées. Elle envisage pour la première fois le handicap comme enjeu des droits de l’Homme.</h5>
<h5>Cette convention a été adoptée après 4 ans de négociation, devenant la première convention adoptée au vingt et unième siècle.</h5>
<h5>Pour l’instant, la Convention a été signée par 140 pays et le protocole facultatif a été signé par 90 pays. 95 pays l’ont ratifiée et 58 pays ont ratifié le protocole.</h5>
<h5>La notion de handicap est définie à l’article 1 de la convention: « Par personnes handicapées on entend des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres ».</h5>
<ul>
<li><strong>Le contenu</strong></li>
</ul>
<h5>La <a title="convention" href="http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413" target="_blank" rel="noopener">convention</a> compte 50 articles.</h5>
<h5>Elle définit plusieurs principes directeurs :</h5>
<h5>&#8211;          Le respect de la dignité, de l’autonomie individuelle (notamment la liberté de faire ses propres choix) et l’indépendance des personnes</h5>
<h5>&#8211;          La non-discrimination</h5>
<h5>&#8211;          La participation et l’intégration pleines et effectives à la société;</h5>
<h5>&#8211;          Le respect de la différence et l’acceptation des personnes handicapées comme faisant partie de la diversité humaine et de l’humanité;</h5>
<h5>&#8211;          L’égalité des chances;</h5>
<h5>&#8211;          L’accessibilité, l’article 9 prévoit en effet que les pays doivent garantir l’accès à l’environnement, aux transports publics…;</h5>
<h5>&#8211;          L’égalité entre les hommes et les femmes;</h5>
<h5>&#8211;          Le respect du développement des capacités de l’enfant handicapé et le respect du droit des enfants handicapés à préserver leur identité.</h5>
<h5>Le protocole facultatif se compose quant à lui de 18 articles et permet aux particuliers d’adresser une requête au Comité des droits des personnes handicapées si tous les recours au niveau national ont été épuisés.</h5>
<ul>
<li><strong>Les organismes créés par la Convention :</strong></li>
</ul>
<h5>Les articles 34 à 39 prévoient la création du <strong>Comité des droits des personnes handicapées</strong> composé de 18 experts indépendants (aujourd’hui le nombre d’experts est de 12, et passera à 18 quand 60 pays supplémentaires auront ratifié la convention). Les experts ont un mandat de 4 ans.</h5>
<h5>Les Etats signataires de la Convention se réunissent au sein d’une <strong>Conférence des Etats-parties</strong> tous les deux ans, sauf en cas de demande exceptionnelle. Cette conférence permet d’examiner les problèmes liés à l’application de la Convention et d’élire les membres du Comité.</h5>
<h5 style="text-align: left;"><strong>b.     Les instruments juridiques en matière de protection des personnes handicapées dans l’Union européenne</strong></h5>
<ul>
<li>
<h5>La <strong>directive 2000/78/EC</strong> du 27 novembre 2000 relative à l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail.</h5>
</li>
</ul>
<h5>Elle interdit la discrimination basée sur les croyances religieuses, l’âge, l’orientation sexuelle et plus particulièrement la discrimination basée sur le handicap ainsi que le harcèlement. De plus, elle rend nécessaire la réalisation « d’aménagement raisonnable » pour la personne handicapée.</h5>
<ul>
<li>
<h5>La jurisprudence de la CJCE (affaire C-13/05, C-303/06)</h5>
</li>
</ul>
<h5>Concernant d’abord l’affaire <a title="C-13/05" href="http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:62005C0013:FR:HTML" target="_blank" rel="noopener">C-13/05</a>, arrêt de la Cour du 11 juillet 2006 Sonia Chacón Navas/Eurest Colectividades SA.</h5>
<h5>C’est la première fois que la Cour se prononce sur une affaire relative à la directive 2000/78/EC.</h5>
<h5>Mme Chacón qui travaille pour la société Eurest Colectividades a été placée en arrêt maladie le 14 octobre 2003. Le 28 mai 2004, la société la licencie sans motif et lui offre comme prévu dans la loi espagnole une indemnité de licenciement.  Elle saisit le tribunal de Madrid (el juzgado de lo Social) car elle souhaite être réintégrée.</h5>
<h5>La société de la plaignante ne pouvant démontrer que le licenciement résulte d’une autre raison que l’arrêt maladie de la plaignante, le licenciement est déclaré injustifié mais non nul.</h5>
<h5>Le juge espagnol estimant que la plaignante pourrait bénéficier d’une protection supplémentaire par la directive européenne a renvoyé en question préjudicielle.</h5>
<h5>La Cour de justice des Communautés européennes a donc été saisie pour savoir si la directive s’appliquait dans son cas.</h5>
<h5>La Cour, dans ses conclusions, a estimé qu’une personne licenciée alors qu’elle était en arrêt maladie n’est pas considérée comme une personne handicapée au sens de la Directive 2000/78/EC et ne bénéficie donc pas des dispositions y contenues.</h5>
<h5>La Cour a par ailleurs apporté des précisions concernant le champ d’application de la Directive 2000/78/EC en définissant plus clairement la notion de handicap par opposition à la simple maladie.</h5>
<h5>Lors de cette affaire, la Cour a donné des repères concernant la définition du handicap lors de l’application de la Directive en précisant qu’elle inclut la « limitation fonctionnelle découlant d’une déficience physique ou psychique et le contexte et l’évolution médicale et biomédicale ».</h5>
<h5>Affaire <a title="C-303/06" href="http://eur-%20lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:62006J0303:FR:HTML" target="_blank" rel="noopener">C-303/06</a> Arrêt de la Cour (grande chambre) du 17 juillet 2008 (demande de décision préjudicielle du Employment Tribunal &#8211; Royaume-Uni) &#8211; S. Coleman / Attridge Law, Steve Law.</h5>
<h5>En 2002, Mme Coleman donne naissance à un enfant handicapé qui requiert des soins constants.  Pour subvenir aux besoins de sa famille, Mme Coleman est employée dans un cabinet d’avocats depuis 2001.  A son retour de congé maternité, son employeur refuse de la réintégrer à son ancien poste de secrétaire juridique aux horaires non aménagés.  Compte tenu du handicap de son enfant et de ses besoins, Mme Coleman aurait dû bénéficier d’une souplesse dans ses horaires de travail.  Mise au pied du mur, elle accepte en 2005 une mise au chômage « volontaire ».</h5>
<h5>Elle saisit alors la justice, sous le prétexte d’avoir fait l’objet d’un licenciement implicite car elle a été traitée de manière différente que ses collègues.</h5>
<h5>L’Employement Tribunal of South London estime après l’examen des faits que cette affaire relève de l’interprétation de question du droit communautaire, le tribunal saisit la Cour.</h5>
<h5>La Cour  conclut après examen des faits que l’interdiction de discrimination directe établie par la directive s’applique également aux personnes qui ne possèdent pas de handicap. En effet, si un employé est traité de manière moins favorable qu’un autre parce que son enfant est handicapé, alors le cas relève de la directive.</h5>
<h5>De plus, l’interdiction de harcèlement introduite par la directive s’applique également dans le cas où le harcèlement intervient pour une personne dont l’enfant est handicapé.</h5>
<h5>La Directive ne possède pas de définition précise de la notion de « handicap », c’est pourquoi la jurisprudence permet de définir plus précisément les cas pour lesquelles la Directive s’applique. D’autres affaires viendront définir encore ses domaines d’application.</h5>
<ul>
<li>
<h5>La décision du conseil de l&rsquo;Union Européenne du 26 novembre 2009 concernant la conclusion par l&rsquo;Union Européenne de la Convention des nations unies sur les droits des personnes handicapées <strong>2010/48/EC</strong>.</h5>
</li>
</ul>
<h5>L’union Européenne a signé la convention en 2007 en même temps que tous les pays européens.</h5>
<h5>Les pays de l’Union Européenne ayant ratifié la convention sont : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, la Hongrie, l’Italie, la Lettonie, la  Lituanie, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, le Royaume-Uni et  la République tchèque. Dans les autres pays, elle est en cours de ratification.</h5>
<h5>Une fois ratifiée par tous les Etats, elle aura un caractère contraignant et fera partie de son ordre juridique.</h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong><em>II.            La politique de l’union européenne en matière de protection des personnes handicapées</em></strong></h4>
<h5>On dénombre aujourd’hui environ 45 millions de personnes souffrant d’un handicap au sein de l’Union européenne, et le vieillissement de la population entraine une augmentation du nombre des personnes handicapées.</h5>
<h5>Ainsi, des politiques spécifiques sont nécessaires pour faciliter une vie en société qui n’engendre pas pour les personnes handicapées de discrimination.</h5>
<h5>Le taux d’activité des personnes handicapées reste très faible et cela est dû en grande partie aux difficultés qu’ont les personnes handicapées à faire valoir leurs capacités et leurs compétences dans des sociétés principalement structurées pour des personnes non handicapées.  Dès lors que les sociétés s’ouvrent plus aux personnes handicapées, elles représenteraient une force de travail non négligeable.</h5>
<h5><strong>a.      La politique mise en œuvre pour la période 2003-2010,  European Union Disability Action Plan (DAP)</strong></h5>
<h5>La décision de faire de l’année 2003 l’année européenne des personnes handicapées a permis de mettre en évidence les difficultés vécues au quotidien par ces personnes et le besoin d’uniformiser les politiques au niveau européen.  2003 a donc marqué le début d’une politique ciblée de la Commission Européenne qui a dressé un plan d’action sur 7 ans et publié de nombreuses communications.</h5>
<ul>
<li>
<h5>La communication de la commission européenne sur l’Egalite des chances pour les personnes handicapées : un plan d’action européen COM (2003) 650 final</h5>
</li>
</ul>
<h5>Le plan mis en place en 2003 se concentre sur trois objectifs à atteindre pour 2010 :</h5>
<h5>&#8211;       renforcer l’efficacité de la directive 2000/78/EC ;</h5>
<h5>&#8211;       intégrer davantage la question du handicap dans les politiques européennes ; et</h5>
<h5>&#8211;       promouvoir l’accessibilité pour tous.</h5>
<h5>Ce plan se compose de plusieurs parties.</h5>
<h5>La première se concentre initialement au niveau de l’accès à l’emploi pour la période 2004-2005 avec les objectifs suivants :</h5>
<h5>&#8211;       l&rsquo;accès à l&#8217;emploi et le maintien dans la vie active, y compris la lutte contre la discrimination ;</h5>
<h5>&#8211;       l&rsquo;éducation et la formation tout au long de la vie, afin de soutenir et de renforcer la capacité d&rsquo;insertion professionnelle, la capacité d&rsquo;adaptation, l&rsquo;épanouissement personnel et la citoyenneté active ;</h5>
<h5>&#8211;       les nouvelles technologies, afin de rendre les personnes handicapées plus autonomes et donc de leur faciliter l&rsquo;accès à l&#8217;emploi ;</h5>
<h5>&#8211;       l&rsquo;accessibilité de l&rsquo;environnement public bâti, afin d&rsquo;améliorer la participation au travail et l&rsquo;intégration dans l&rsquo;économie et la société.</h5>
<h5>De plus, le programme d’action communautaire de lutte contre la discrimination 2001-2006 rend possible le financement par la Commission de réseaux, de conférences … afin de favoriser la lutte contre la discrimination liée au handicap. Ce programme finance également certaines ONG comme le Forum européen des personnes handicapées.</h5>
<ul>
<li>
<h5>Deuxième Communication de la Commission du 28 novembre 2005 intitulée «La situation des personnes handicapées dans l&rsquo;Union européenne élargie: plan d&rsquo;action européen 2006-2007» <a title="texte intégral de l'acte" href="http://eur-lex.europa.eu/smartapi/cgi/sga_doc?smartapi%21celexplus%21prod%21DocNumber&amp;lg=fr&amp;type_doc=COMfinal&amp;an_doc=2005&amp;nu_doc=604" target="_blank" rel="noopener">COM(2005) 604</a> final</h5>
</li>
</ul>
<h5>Cette deuxième communication couvre la période 2006-2007.</h5>
<h5>Elle vise en particulier l’intégration au sein de la société et la recherche de l’autonomie pour les personnes handicapées. Elle définit donc quatre priorités :</h5>
<h5>&#8211;       encourager l&rsquo;activité professionnelle ;</h5>
<h5>&#8211;       promouvoir l&rsquo;accès à une assistance et à des services de soins de qualité ;</h5>
<h5>&#8211;       promouvoir l&rsquo;accessibilité pour tous aux biens et aux services ;</h5>
<h5>&#8211;       accroître la capacité de collecte et d&rsquo;analyse de l&rsquo;Union.</h5>
<ul>
<li>
<h5>Communication de la Commission du 26 novembre 2007 intitulée «La situation des personnes handicapées dans l&rsquo;Union européenne: plan d&rsquo;action européen 2008-2009 [<a title="texte intégral de l'acte" href="http://eur-lex.europa.eu/smartapi/cgi/sga_doc?smartapi%21celexplus%21prod%21DocNumber&amp;lg=fr&amp;type_doc=COMfinal&amp;an_doc=2007&amp;nu_doc=738" target="_blank" rel="noopener">COM(2007) 738</a></h5>
</li>
</ul>
<h5>La troisième phase du plan  couvre les années 2008 et 2009. Cette phase s’axe sur l’accessibilité en général et la Commission Européenne se concentre sur deux objectifs :</h5>
<h5>&#8211;       œuvrer pour une participation favorisant l&rsquo;inclusion des personnes handicapées par l&rsquo;accessibilité : éliminer les obstacles à l&rsquo;éducation et au marché du travail, développer l&rsquo;accessibilité aux biens, aux services et aux infrastructures, renforcer la capacité d&rsquo;analyse de la Commission pour promouvoir l&rsquo;accessibilité ;</h5>
<h5>&#8211;       travailler pour une pleine jouissance des droits fondamentaux : favoriser la mise en œuvre de la convention des Nations unies, et compléter le cadre législatif communautaire pour la protection contre la discrimination.</h5>
<h5><strong>b.     La nouvelle stratégie de la commission européenne 2010-2020 en faveur des personnes handicapées: un engagement renouvelé pour une Europe sans entraves</strong></h5>
<h5>Une nouvelle stratégie est à l’étude et couvrira la période 2010-2020.</h5>
<h5>Le nouveau <a title="plan" href="http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=429&amp;langId=fr" target="_blank" rel="noopener">plan</a> de la Commission Européenne du 15 Novembre 2010 s’inscrit dans le cadre de la <a title="Resolution" href="http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/en/lsa/114970.pdf" target="_blank" rel="noopener">Résolution</a> du Conseil de Juin 2010 et s’inspire des principes de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, de la Charte de droits fondamentaux de l’Union Européenne et de l’expérience du premier plan mis en œuvre entre 2003 et 2010.</h5>
<h5>Le plan s’intéresse particulièrement à huit domaines : accessibilité, égalité, emploi, aide sociale, santé, éducation, participation et action extérieure.</h5>
<h5>L’accessibilité, car elle constitue un préalable pour favoriser la participation à la société et à l’économie, doit constituer une priorité pour les Etats membres. Il faudra améliorer l’accessibilité aux services publics (bâtiments ainsi que transports en commun), aux technologies et également aux systèmes d’information et de communication.</h5>
<h5>Le plan propose donc la mise en place de normes spécifiques d’ici 2012 en consultation avec les pays membres.</h5>
<h5>La participation des personnes handicapées doit être améliorée de manière à ce qu’elles puissent exercer leurs droits fondamentaux.</h5>
<h5><em>La politique de l’Union Européenne consistera à :</em></h5>
<ul>
<li>
<h5>Favoriser l’exercice des droits des personnes handicapées et faciliter leur déplacement au sein de l’Union Européenne en mettant notamment en place une carte européenne de stationnement pour personnes handicapées.</h5>
</li>
<li>
<h5>Réorienter les soins hospitaliers vers des soins de proximité et développer l’hébergement des personnes handicapées dans des résidences spécialisées compétentes pour traiter les différentes formes d’handicap.</h5>
</li>
<li>
<h5>Favoriser la participation aux manifestations sportives en développant ? des rencontres sportives spécialement pour elles.</h5>
</li>
<li>
<h5>Développer l’usage du braille et du langage des signes par les institutions européennes, et veiller à assurer l’accessibilité aux bureaux de vote et à la culture en général.</h5>
</li>
</ul>
<h5>De plus, la Commission s’engage à soutenir les actions des pays membres qui vont dans ce sens.</h5>
<h5>Concernant l’égalité, la discrimination fondée sur le handicap doit être éradiquée en s’appuyant notamment sur la directive 2000/78/CE.</h5>
<h5>Pour l’accès à l’emploi, la Commission prévoit de le faciliter en mettant en place des mesures pour la formation et l’accès sur le lieu de travail pour ainsi permettre aux personnes handicapées de gagner leur vie sur le marché du travail ordinaire.</h5>
<h5>Pour l’éducation, le plan prévoit d’augmenter la scolarisation des jeunes adultes handicapés car leur taux de déscolarisation est plus élevé que celui de personnes ne souffrant d’aucun handicap. Il prévoit également de promouvoir l’accès à la formation tout au long de la vie.</h5>
<h5>Concernant la protection sociale, elle doit être utilisée afin de permettre aux personnes handicapées de bénéficier de conditions de vie décentes. Le plan prévoit donc d’examiner les frais de mise en œuvre d’un tel objectif.</h5>
<h5>Dans le domaine de la santé, les Etats devront assurer l’égalité d’accès aux services de santé et aux établissements qui délivrent ces services. Le plan prévoit donc le soutien aux Etats membres pour qu’ils puissent mettre en place les mesures adéquates.</h5>
<h5>L’action extérieure consistera à promouvoir les droits des personnes handicapées dans toutes les actions entreprises, notamment en ce qui concerne le dialogue avec les pays tiers. Les Etats membres devront donc promouvoir la convention relative aux droits des personnes handicapées de l’ONU et œuvrer dans son sens.</h5>
<h5>Afin de garantir l’efficacité de ce plan, plusieurs mesures sont prévues.</h5>
<h5>D’abord, la mise en place d’une campagne de sensibilisation dans les pays est nécessaire et l’accès aux informations pour les personnes handicapées concernant leurs droits doivent être amélioré.</h5>
<h5>Ensuite, les instruments de financement de l’Union européenne doivent être utilisés de manière efficace et les programmes de financement doivent être publiés de manière plus visible.</h5>
<h5>Enfin, des instruments d’évaluation et de recueil de données doivent être mis en place afin de permettre un suivi plus efficace.</h5>
<h5>Cependant, selon le forum européen des personnes handicapées, deux éléments clefs manquent à l’appel dans cette stratégie :</h5>
<ul>
<li>
<h5>Les Etats membres n’ont pas été pas impliqués dans la détermination du plan posé par la Commission alors que leurs actions et initiatives constituent un élément important des politiques de lutte contre l’exclusion et que leur collaboration est essentielle pour la mise en œuvre efficace du plan;</h5>
</li>
<li>
<h5>Les organisations représentant les personnes âgées ne sont pas assez incluses dans le processus de décision.</h5>
</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Note on the Republic of Montenegro</title>
		<link>https://www.cri-irc.org/note-on-the-republic-of-montenegro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CRI-IRC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jul 2018 11:23:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[EU accession countries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://criirc.webhost3.domainoo.net/?p=48</guid>

					<description><![CDATA[Ecrit par Jean Albert Lundi, 19 Mars 2007 00:00 MONTENEGRO A NEW COUNTRY Politically The Republic of Montenegro has been a part of the State Union of Serbia and Montenegro (SU) until 3 June 2006. On June 3, 2006, its Parliament proclaimed independence following a referendum organised on 21 May 2006, in line with the [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ecrit par <i>Jean Albert</i></em></p>
<p><i>Lundi, 19 Mars 2007 00:00</i></p>
<h3></h3>
<h3 style="text-align: center;">MONTENEGRO A NEW COUNTRY</h3>
<h4 style="text-align: center;"><strong><em>Politically</em></strong></h4>
<h5>The Republic of Montenegro has been a part of the State Union of Serbia and Montenegro (SU) until 3 June 2006. On June 3, 2006, its Parliament proclaimed independence following a referendum organised on 21 May 2006, in line with the requirements of the EU.<br />
Following the proclamation of independence Montenegro started the process of seeking international recognition.<br />
On 12 June 2006 the EU decided to establish relations with Montenegro as a sovereign and independent state and all EU Member States (MS) recognised the independence of Montenegro and established diplomatic relations.<br />
Montenegro is gradually upgrading its capacity to perform its new competences, and create new structures that were previously shared between the two Republics of the former SU. Following the constitutional and political changes of 2006, the government was reshuffled in November 2006<a href="http://www.vlada.cg.yu/eng/">http://www.vlada.cg.yu/eng/</a>.</h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong><em>Economically</em></strong></h4>
<h5>Montenegro has made progress towards establishing a stable macro-economic environment and becoming a functioning market economy. Positive trends in the economy are recorded, with indications of a real GDP growth of 6% in 2006, mainly attributed to a strong expansion in construction, transport and tourism, and it is expected that growth will remain at about the same level in 2007-2008. Fiscal policy is prudent. It is foreseen that the general government budget will be in balance in 2006, reflecting stronger than anticipated revenue collection (mainly VAT), and it is envisaged that the same policy will continue in 2007 and 2008. Almost no price control remains and the adoption of the Euro as the national currency has contributed to price stability and economic growth.</h5>
<h5>When the economy opened to international trade the trade deficit increased. This is a normal first consequence of openness for transition economies. A rebalancing should occur once adequate policies are in place, local companies use access to new markets and the economy itself is able to use the import inputs and transform them into export outputs. The deficit represented more than 30% of GDP in 2005. It was partly offset by income from services (mainly tourism). The current account deficit is estimated to reach 12% of GDP in 2006.</h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong><em>THE WTO AND MONTENEGRO</em></strong></h4>
<h5>Montenegro became a Customs Territory in 2001, and applied for accession to the World Trade Organisation (WTO), in that capacity in December 2004. Montenegro’s WTO Accession Working Party was established in February 2005 and the Memorandum on the Foreign Trade Regime was circulated in March 2005, followed by the first meeting of the Working Party in October 2005. The second meeting of the Working Party took place in July 2006, while the third meeting is scheduled for February 2007. Accession to the WTO is expected in about mid-2007. As a consequence, Montenegro is entering into commitments to adapt its trade regime by the time of accession, and will also enter into commitments to further progress during a transition period.</h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong><em>THE EU AND MONTENEGRO</em></strong></h4>
<h5>Contractual relations between the European Union and Montenegro will be established through the conclusion of a Stabilisation and Association Agreement (SAA). Since October 2005 the EU has been conducting negotiations for an SAA with the SU, based on the “twin track” approach implying separate negotiations with the two Republics on trade, economic and other relevant sectoral policies. Following the independence of Montenegro, the EU adopted a new negotiating mandate in July 2006, and negotiations for an SAA were launched in late September 2006. It is expected that these negotiations will be concluded before the end of 2006.<br />
A key feature of the SAA is the substantial alignment of a potential candidate country’s Internal Market and Trade legislation with the acquis communautaire. Legislation of the former SU is applicable in Montenegro until the adoption of the relevant Montenegrin legislation. Montenegro is in the process of developing its own legislation and aligning it to the acquis communautaire, with primary legislation on foreign trade, competition, state aid and consumer protection being passed or considered. In this context, there is also need to develop capacity in thematic areas previously covered by SU Institutions (among others intellectual property rights and quality infrastructure). The “Montenegro 2006 Progress Report” issued by the European Commission (Staff Working Paper &#8211; SEC(Com) 13380) presents a view of the progress made by Montenegro so far, and points out the areas where further progress must be realised.</h5>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Présentation du projet JAW</title>
		<link>https://www.cri-irc.org/presentation-du-projet-jaw/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CRI-IRC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jul 2018 11:23:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[JAW Project]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://criirc.webhost3.domainoo.net/?p=54</guid>

					<description><![CDATA[Ecrit par Jean Albert et Cécile Pinel Mardi, 17 Juillet 2007 00:00 Le Tadjikistan &#8211; un pays difficile pour les femmes Comme dans beaucoup de pays en transition économique et sociale, les femmes au Tadjikistan sans avoir de pouvoir de décision, portent néanmoins le lourd fardeau et subissent au premier plan les conséquences de la transition [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ecrit par <i>Jean Albert et Cécile Pinel</i></em></p>
<p><i>Mardi, 17 Juillet 2007 00:00</i></p>
<h3></h3>
<h3 style="text-align: center;"><strong><em>Le Tadjikistan &#8211; un pays difficile pour les femmes</em></strong></h3>
<h5>Comme dans beaucoup de pays en transition économique et sociale, les femmes au Tadjikistan sans avoir de pouvoir de décision, portent néanmoins le lourd fardeau et subissent au premier plan les conséquences de la transition qui s&rsquo;opère actuellement.</h5>
<h5>Etrangement, c&rsquo;est la fin de l&rsquo;Union Soviétique qui a précipité le Tadjikistan dans une crise économique sans précédent. Le Tadjikistan acquière son indépendance en 1991. Une guerre civile s&rsquo;en suit. Elle commence en 1992. Elle est traumatisante et confirme l&rsquo;effondrement des services sociaux et des filets de sécurité et la migration économique.</h5>
<h5>Les femmes, comme souvent furent les premières et les dernières victimes de la guerre. De nombreux « maris » russes ont quitté le pays laissant femmes et enfants seuls. La guerre civile en fait une guerre principalement entre nord et sud, entre « soviétisme » et « Islamisme », entre clans également.</h5>
<h5>Cette guerre a conduit aux pires atrocités à l&rsquo;égard des femmes traitées soit comme des trophées, l&rsquo;affirmation d&rsquo;un pouvoir, soit comme la volonté d&rsquo;écrasement de l&rsquo;autre, d&rsquo;avilissement. Comme trophée elles sont mises à la disposition du nouveau clan et mariées à l&rsquo;un de ses membres, des objets. Comme volonté d&rsquo;avilissement elles sont violées. Le résultat, un nombre impressionnant d&rsquo;orphelin(e)s et de cœurs lourds. La fin de la guerre a permis au pays de repartir sur de nouvelles bases. Des générations de femmes ont donc été sacrifiées.</h5>
<h5>Ce n&rsquo;est pas fini. Si les femmes ont été malmenées pendant la guerre, elles le seront après. La manière dont elles sont traitées change bien entendu mais leur situation demeure précaire. Le gouvernement affaibli et sans moyens n&rsquo;a pas pu poursuivre les processus égalitaires entamés durant l&rsquo;ère soviétique notamment l&rsquo;accès à l&rsquo;éducation pour tous. La famille et la religion ont comblé le vide. Par ailleurs, le manque de sécurité économique et parfois physique pour les jeunes femmes a favorisé les mariages précoces et la réapparition de la polygamie. On a donc pu observer un renversement des réussites en matière éducative apportées par l&rsquo;ère soviétique. Une partie importante de la population féminine ne sait ni lire ni écrire. Par ailleurs, l&rsquo;affirmation de la langue Tadjik, si positive sur le plan culturel, a entrainé un abandon progressif du russe contribuant de ce fait à un accroissement de l&rsquo;isolement de cette population. Ainsi de nouvelles générations de femmes sont sacrifiées.</h5>
<h5>Aujourd&rsquo;hui le pays renait mais malgré une croissance importante, la situation économique demeure alarmante. Néanmoins, la croissance a permis une reprise timide des programmes d&rsquo;accès à l&rsquo;éducation des femmes en proposant non seulement une éducation gratuite mais aussi des bourses d&rsquo;étude. Ces programmes doivent se multiplier mais en plus de l&rsquo;aspect économique seul un gouvernement stable permettra de réorienter les femmes vers l&rsquo;éducation supérieure. En effet, la pression demeure forte pour qu&rsquo;elles se marient jeunes.</h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Encourager l&rsquo;éducation des femmes &#8211; l&rsquo;exemple du centre Savar</strong></h4>
<h5>A la fin des années 90 le Programme des Nations Unies pour le Développement (« PNUD ») et le Gouvernement tadjik ont mis en place un centre d&rsquo;éducation, le Centre SARVAR, qui permet à des jeunes femmes, des régions rurales principalement, d&rsquo;accéder à l&rsquo;éducation supérieure, à Dushanbe la capitale du pays. Un nombre d&rsquo;étudiantes sont ainsi admises dans ce centre qui en plus de leur fournir le gîte et le couvert durant l&rsquo;année universitaire propose l&rsquo;enseignement du Russe, de l&rsquo;Anglais et cherche à développer les compétences informatiques, de gestion et de direction (résolution des conflits, construction d&rsquo;une équipe, droits des femmes, planification familiale, etc.). Le Centre SARVAR organise également des activités extrascolaires pour les jeunes filles et des séminaires sont organisés avec des femmes « leaders » dans divers domaines d&rsquo;activité afin qu&rsquo;elles puissent rendre compte de leur expérience.</h5>
<p><img loading="lazy" decoding="async" title="Maison" src="http://www.cri-irc.org/v4/media/site/maison.png" alt="Maison" width="602" height="400" border="0" /></p>
<h5>Aujourd&rsquo;hui, le PNUD a réduit son engagement. Ce Projet est désormais principalement financé par le gouvernement tadjik et sa survie dépend de sa Directrice, l&rsquo;ancienne ministre de l&rsquo;éducation tadjike Bozigul Dodikhudoeva et d&rsquo;autres donateurs.</h5>
<p><img loading="lazy" decoding="async" title="Femme1" src="http://www.cri-irc.org/v4/media/site/femme1.png" alt="Femme1" width="350" height="443" border="0" /></p>
<h5>Bozigul Dodikhudoeva a fait du Centre SARVAR plus qu&rsquo;un dortoir. Les jeunes étudiantes du Centre le considèrent comme leur « seconde maison » et Bozigul fait figure de « seconde mère ». Une relation très étroite existe donc entre cette femme extraordinaire et les jeunes filles qu&rsquo;elle prend sous son aile.</h5>
<h5>Le centre SARVAR fournit actuellement un programme de bourses pour 185 jeunes filles venant de 38 villages de montagne pauvres et isolés. Elles bénéficient d&rsquo;une bourse pouvant aller jusqu&rsquo;à 20$ par mois en plus de leur hébergement dans le centre remis à neuf à Dushanbe. Les jeunes filles étudient dans 10 institutions universitaires et dans des matières telles que la Médecine, les Relations Internationales, l&rsquo;Agriculture, l&rsquo;Economie, les Sciences, les Langues Etrangères et la Pédagogie. 40 étudiantes devraient être diplômées cette année.</h5>
<h5>A son ouverture, le centre fut une première et unique expérience visant à améliorer l&rsquo;accès des femmes des régions reculées du Tadjikistan à l&rsquo;éducation supérieure. En 2007, un tiers des étudiantes sont orphelines et la plupart viennent des régions les plus pauvres et reculées du Tadjikistan. Les jeunes étudiantes racontent de façon très émouvante comment le centre leur a permis de suivre des études qu&rsquo;elles n&rsquo;auraient jamais pensé pouvoir suivre.</h5>
<h5>Selon les mots de Bozigul de plus en plus de jeunes filles s&rsquo;engagent dans des cycles longs car le Centre offre sécurité et stabilité, chose rare dans ce pays. Ainsi, plutôt que de poursuivre des études d&rsquo;infirmières, les étudiantes tentent la faculté de médecine pour devenir médecin voir se spécialiser.</h5>
<h5>De plus, le Centre fournit des leçons en Russe et en Anglais afin de réduire l&rsquo;isolement linguistique des jeunes filles et de leur permettre de parfaire leurs études dans des institutions à l&rsquo;étranger. Les cours d&rsquo;informatique et de gestion donnent aussi aux jeunes filles un bon point de départ pour une rapide adaptation aux différents programmes d&rsquo;enseignements, pour élargir leurs horizons ainsi que leur culture et leur savoir.</h5>
<p><img loading="lazy" decoding="async" title="Femme2" src="http://www.cri-irc.org/v4/media/site/femme2.png" alt="Femme2" width="428" height="679" border="0" /></p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Description du projet JAW</strong></h4>
<h5>Le « Jean Albert Women&rsquo;s Project » ou « JAW » a pour but de soutenir le maintien et l&rsquo;agrandissement du Centre SARVAR. En 2007, il a fourni 14 bourses pour des étudiantes sur la base de leurs résultats scolaires. Ce Projet espère pouvoir fournir chaque année un soutien similaire. Par ailleurs, il vise aussi à organiser un accès à des cours de langue française pour favoriser les échanges entre les deux pays et permettre un accès à l&rsquo;éducation française pour ces étudiantes talentueuses. Le Projet permettra dès la fin 2007 la mise en place de cours de français pour une trentaine d&rsquo;étudiantes du Centre.</h5>
<h5><strong>Si vous êtes intéressés par ce Projet, merci de prendre contact avec <a>info@cri-irc.org</a>.</strong></h5>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Education and women</title>
		<link>https://www.cri-irc.org/education-and-women/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CRI-IRC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jul 2018 11:23:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[JAW Project]]></category>
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					<description><![CDATA[Ecrit par Jean Albert  Lundi, 26 Mars 2007 00:00 Wangari Maathai is the Nobel Peace Prize Winner for 2004 She states herself that she owes this to the chance that was given to her to go to school.Wangari Maathai comes from a farming family from the Kikuyu tribe of Kenya.She acknowledged in an interview with [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ecrit par <i>Jean Albert </i></em></p>
<p><i>Lundi, 26 Mars 2007 00:00</i></p>
<h3></h3>
<h3 style="text-align: center;"><strong><em>Wangari Maathai is the Nobel Peace Prize Winner for 2004</em></strong></h3>
<h5 style="text-align: left;">She states herself that she owes this to the chance that was given to her to go to school.Wangari Maathai comes from a farming family from the Kikuyu tribe of Kenya.She acknowledged in an interview with Owne Bennett-Jones of the BBC that her life would have been completely differenthad she not been to the Loreto Convent, a girls school in Limuru. The Loreto Convent was a strict establishment but a laudable one too.Thanks to this opportunity, Wangari Maathai was able to show her intellectual abilities and went on, thanks to various scholarships,to obtain a doctorate in biology.</h5>
<p>Following this and various experiences abroad,Wangari Maathai came back to Kenya and started a struggle for sustainable development and political freedom.</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Sustainable development</strong></h4>
<h5 style="text-align: left;">She is the founder of the Green Belt Movement and the instigator of the challenge madeto the global community to plant a billion trees by the end of 2007.To date, she herself has helped plant 35 million trees.</h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Political freedom</strong></h4>
<p>She has been involved in politics for many years and as a woman in politicsand a fighter against deforestation she has been imprisoned many times throughout the nineties and suffered physical violence.<br />
She is today deputy Minister of the Ministry of Environment, Natural resources and Wildlife.</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Quote from Wangari Maathai</strong></h4>
<h5>« The privilege of a higher education, especially outside Africa, broadenedmy original horizon and encouraged me to focus on the environment, women anddevelopment in order to improve the quality of life of people in my countryin particular and in the African region in general. »</h5>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Bärbel Bohley</title>
		<link>https://www.cri-irc.org/barbel-bohley/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CRI-IRC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jul 2018 11:23:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Une Femme, Un Pays]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://criirc.webhost3.domainoo.net/?p=118</guid>

					<description><![CDATA[Ecrit par Ludivine Tomasso, Jean Albert  &#8211; Edité par Emilie Dessens  Jeudi, 28 Octobre 2010 22:19 &#160; Une des voix de la liberté, selon Angela Merkel, s’est tu le 11 septembre, 2010. Bärber Bohley, souffrant d’un cancer des poumons et se sachant condamnée, était revenue à Berlin, sa ville natale. Cette femme a été une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ecrit par <i>Ludivine Tomasso, </i><i>Jean Albert  &#8211; Edité par Emilie Dessens </i></em></p>
<p><i>Jeudi, 28 Octobre 2010 22:19</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<h5>Une des voix de la liberté, selon Angela Merkel, s’est tu le 11 septembre, 2010.</h5>
<h5>Bärber Bohley, souffrant d’un cancer des poumons et se sachant condamnée, était revenue à Berlin, sa ville natale.</h5>
<h5>Cette femme a été une des figures de proue de la dissidence dans  l’Allemagne de l’Est et a toujours pris position en faveur de la défense des droits civiques.</h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong><img width="29" height="29" border="0" />                    Bärbel Bohley : la lutte pour les droits civiques</strong></h4>
<p>&nbsp;</p>
<h5>C’est dans les ruines de Berlin que Bärbel Bohley est née, en mai 1945, quelques semaines après la fin de la Seconde Guerre mondiale.</h5>
<h5>Bärbel fait des études de gestion des affaires industrielles.</h5>
<h5>Elle travaille ensuite dans une usine avant de devenir enseignante.</h5>
<h5>Très vite pourtant, elle se tourne vers l’art et notamment la peinture.  Elle étudie la peinture à l’Académie d’art de Berlin de 1969 à 1974.  Elle devient un peintre très apprécié s’inspirant de l’œuvre de Käthe Kollwitz dont le travail plait beaucoup aux dirigeants du pays.</h5>
<h5>D’ailleurs elle remporte de nombreux prix dont un voyage en URSS en 1976.  Ce voyage lui fera l’effet d’un électrochoc.  Elle est déçue et choquée par ce qu’elle y découvre. Dès lors, pour elle, l’idée germe que le modèle soviétique n’est pas viable.</h5>
<h5>De retour à Berlin, Bärbel Bohley décide de s’engager en faveur des droits civiques.  Elle fonde l’association Women for Peace profitant d’une loi autorisant la mobilisation des femmes en cas d’urgence.  Elle se bat notamment pour la liberté d’expression et le désarmement.</h5>
<h5>En 1982, elle est expulsée de l’association des artistes de la RDA pour avoir fondé le réseau Women for Peace et est accusée d’avoir fourni des informations aux verts ouest-allemands et aux militants anti-nucléaire anglais dans le cadre de la campagne pour le désarmement ; elle est arrêtée par la Stasi.  Elle est emprisonnée avec son amie Ulrike Poppe avec qui elle collabore pour ce mouvement. Elles seront relâchées six semaines plus tard. Etant donné le contexte international, la célébration de l’anniversaire de la mort de Marx et surtout la négociation d’un prêt important avec l’Allemagne de l’Ouest, les autorités est-allemandes ne pouvaient pas se permettre d’avoir une mauvaise image.</h5>
<h5>A partir de 1982, la Stasi la place sous surveillance. Malgré cela, elle participe à la formation en 1986 de l’association Initiative for Peace and Human Rights qui se révèlera être l’un des plus virulents et efficaces groupes d’opposition en Allemagne de l’Est.  Ce groupe restera indépendant.</h5>
<h5>En 1988, à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknechet, 120 personnes désireuses de quitter l’Allemagne de l’Est sont arrêtées pour avoir protesté durant les cérémonies officielles. Leurs familles se tournent alors vers Bärber Bohley pour obtenir de l’aide. 10 jours plus tard la Stasi l’arrête à nouveau.  La RDA lui « offre » alors un visa de six mois pour la Grande-Bretagne. Obligée de quitter son pays, elle fait tout pour y revenir.  De retour début 1989, elle fonde alors avec  Jens Reich et Jutta Seidel le « new forum », qui lance l’appel « le temps est venu » et exige un dialogue immédiat avec le gouvernement sur les réformes démocratiques. En quelques semaines, 200 000 personnes rejoignent ce mouvement.</h5>
<h5></h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong>1989-1996, de la chute du mur jusqu’à son départ pour l’ex-Yougoslavie</strong></h4>
<h5></h5>
<h5>Le 9 Novembre 1989, le « mur » tombe.</h5>
<h5>Le Mouvement New forum fusionnera en février 1990 avec le mouvement Democracy Now et Initiative for Peace and Human Rights pour devenir Alliance 90 (Bündnis 90) qui s’est ensuite ralliée aux Grünen (verts) allemands.</h5>
<h5>Après la chute du mur, avec d’autres militants, elle occupe pacifiquement les locaux de la Stasi pour garantir l’accès aux dossiers « confidentiels » brandissant le slogan « les fichiers nous appartiennent ».</h5>
<h5>En 1993, après avoir lu son dossier, elle accuse publiquement Grega Gysi, le leader du parti social-démocrate, d’avoir été un informateur de la Stasi. Elle est condamnée pour diffamation et passe quelques jours en prison car elle refuse de payer l’amende.</h5>
<h5>En 1994, elle se présente comme candidate du New Forum aux élections européennes.</h5>
<h5>Durant les années 1995-1996, elle organise tous les lundis des réunions dans son appartement berlinois auxquelles participent des intellectuels de l’Est comme de l’Ouest.  Y débattent notamment Henryk M. Broder (journaliste allemand travaillant pour le Der Spiegel entre autres), Freimut Duve (élu une fois au Bundestag ; il siège aujourd’hui à l’OSCE pour la liberté d’expression), et Horst Sagert.</h5>
<h5>Enfin, en 1996, elle crée l’association « Bürgerbuero e.V » avec l’appui de différentes personnalités comme Helmut Kohl (ancien chancelier allemand), Rudolf Scharping (politicien appartenant au parti Social-démocrate allemand plusieurs fois membre du gouvernement), Ignatz Bubis (président du conseil central des juifs allemands) et l’écrivain Wolf Biermann. Cette association a pour but d’aider les personnes qui ont été persécutées de façon continuelle par la RDA.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Le départ de Bärbel pour la Croatie et sa volonté d’aider les populations de l’ex-Yougoslavie</strong></h4>
<h5>Finalement, après un second mariage avec Dragan Lukic, un enseignant, elle quitte Berlin pour le rejoindre en Croatie.</h5>
<h5>Elle décide là aussi de se battre en apportant son aide aux réfugiés de l’Ex-Yougoslavie.</h5>
<h5>A partir de 1996, elle travaille pendant 3 ans à l’OHR (Office of the High Representative) en Bosnie, organisme chargé de contrôler le respect des accords de Dayton de 1995 mettant fin aux combats interethnique en Bosnie-Herzégovine.</h5>
<h5>Elle participe dans ce cadre à des projets de reconstruction.</h5>
<h5>Elle aide également les enfants des familles de réfugiés de l’ex-Yougoslavie en leur permettant de partir en vacances gratuitement grâce à l’association Seestern e.V.</h5>
<h5>Enfin, en 2006, elle participe au projet « Zisternen » &#8211; réservoir- pour fournir de l’eau potable dans les camps de réfugiés en Bosnie.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Une réunification trop rapide</strong></h4>
<h5>Elle a été dans les dernières années du régime communiste en Allemagne une des figures importantes de la dissidence se permettant de critiquer ouvertement le régime.</h5>
<h5>Son mot d’ordre était « on reste ici », elle n’a jamais voulu quitter son pays pour l’Allemagne de l’Ouest.</h5>
<h5>Cependant après la chute du mur, elle n’a jamais voulu adhérer à aucun parti politique.</h5>
<h5>Elle n’a pas su trouver sa place dans le nouvel ordre politique créé par la réunification mais cela ne l’a pas empêchée de continuer de se battre pour ses idéaux.</h5>
<h5>Pour elle, la réunification était arrivée trop tôt et n’avait pas su reconnaître les aspects positifs du régime socialiste. Elle a toujours critiqué le mode de vie ouest-allemand « des vêtements chics mais des visages vides ».</h5>
<h5>Bärber Bohley s’est éteinte à l’âge de 65 ans, après son retour à Berlin, dans le quartier qu’elle avait toujours habité, Prenzlauer Berg.</h5>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’augmentation des persécutions contre les minorités religieuses dans quelques pays musulmans : le cas Aasia Bibi au Pakistan</title>
		<link>https://www.cri-irc.org/laugmentation-des-persecutions-contre-les-minorites-religieuses-dans-quelques-pays-musulmans-le-cas-aasia-bibi-au-pakistan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CRI-IRC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jul 2018 11:23:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Violences]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://criirc.webhost3.domainoo.net/?p=126</guid>

					<description><![CDATA[Ecrit par Jean Albert,  Ludivine Tomasso &#8211; Editeur: Jacqueline Duband, Emilie Dessens  Jeudi, 23 Décembre 2010 02:02 &#160; Plusieurs pays à majorité musulmane possèdent des lois visant à punir les personnes jugées coupables de blasphème.  Ces lois sont discriminatoires puisqu’elles ne reconnaissent le blasphème que lorsqu’il est dirigé contre l’Islam.  Il existe des lois sur [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ecrit par<i> </i><i>Jean Albert,  Ludivine Tomasso &#8211; Editeur: Jacqueline Duband, Emilie Dessens </i></em></p>
<p><i>Jeudi, 23 Décembre 2010 02:02</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<h5>Plusieurs pays à majorité musulmane possèdent des lois visant à punir les personnes jugées coupables de blasphème.  Ces lois sont discriminatoires puisqu’elles ne reconnaissent le blasphème que lorsqu’il est dirigé contre l’Islam.  Il existe des lois sur le blasphème dans d’autre pays comme en Autriche, au Danemark, and Espagne, en Finlande, en Irlande, en Suisse,  ou en Allemagne par exemple mais celles-ci s’appliquent à toutes religions contrairement à celles en vigueur dans de nombreux pays musulmans.  On notera pourtant qu’il existait jusqu’en 2008 une réglementation discriminatoire sur le blasphème en Angleterre.  Le crime n’était constitué que pour les insultes proférées envers le christianisme.    Par ailleurs, la CEDH déclare dans l’arrêt Wingrove de 1997 que l’interdiction du blasphème n’est pas incompatible avec l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme sur la liberté d’expression puisque cette liberté comporte des obligations et des devoirs notamment par référence à l’article 9 de la même convention et du droit de sanctionner ceux qui offensent les croyances d’autres personnes.</h5>
<h5>Ainsi, en Jordanie, une personne qui est accusée de blasphème contre l’Islam ou d’avoir insulté le prophète Mahomet peut se voir condamner à faire de la prison.  La peine maximum est de trois ans d’emprisonnement.</h5>
<h5>En Egypte aussi, il existe des lois visant à punir les coupables présumés de blasphème qui servent surtout d’instrument de répression contre les minorités religieuses du pays.</h5>
<h5>L’Iran n’est pas épargné avec une définition du blasphème qui protège même certaines personnalités politiques.</h5>
<h5>Mais c’est au Pakistan que les lois sur le blasphème sont les plus dures. En effet, la condamnation peut aller jusqu’à la peine de mort.</h5>
<h5>Le <a title="chapitre 15 du code pénal pakistanais" href="http://www.pakistani.org/pakistan/legislation/1860/actXLVof1860.html" target="_blank" rel="noopener">chapitre 15 du code pénal pakistanais</a> définit les cas dans lesquels une personne peut être accusée de blasphème. L’article 295-C du code pénal pakistanais prévoit donc qu’une personne peut être accusée en cas d’offense contre le prophète Mahomet : « sur l’emploi de remarque désobligeante etc… vis-à-vis du prophète Mahomet : Quiconque par ses paroles ou ses écrits de façon formelle ou rapportée, par des insinuations directes ou indirectes,  défie le nom sacré du prophète Mahomet sera puni par la mort ou condamné à la prison à vie. Il pourra également être condamné à payer une amende. »</h5>
<h5>L’article de loi prévoit donc qu’une personne peut être condamnée sur le simple fait d’un témoignage sans avoir besoin de preuve supplémentaire. De plus, la définition du blasphème dans cet article est très floue et peut englober toutes sortes de paroles ou d’interprétations de paroles.</h5>
<h5>La loi a été amendée en 2004 pour imposer une enquête plus complète de la part des autorités de police avant toute inculpation.  Mais la mise en œuvre de ce léger changement n’a pas eu l’impact escompté dans la pratique.</h5>
<h5></h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Le cas d’Aasia Bibi condamnée à mort pour Blasphème au Pakistan</strong></h4>
<h5></h5>
<h5>Le 8 novembre dernier, Aasia Bibi a été condamnée à la peine de mort pour avoir blasphémé.  Cette condamnation intervient quatre mois après que deux pasteurs accusés de blasphème aient été assassinés à leur sortie du tribunal et un an après l’entrevue entre le Président Zardari avec le Pape Benoît XVI qui notamment a porté sur cette loi.</h5>
<h5>Aasia Bibi est une chrétienne de 37 ans, mère de 5 enfants. Elle a travaillé pendant toute sa vie dans les champs autour de son village.</h5>
<h5>L’accusation a été lancée par une de ses collègues en 2009.  Une altercation a eu lieu entre Aasia et sa collègue lorsque celle-ci a refusé de boire l’eau qu’elle avait touchée sous prétexte qu’Aasia n’était pas musulmane.</h5>
<h5>Mais cette condamnation à mort d’Aasia Bibi pour blasphème représente bien une nouvelle étape dans la montée des extrémistes islamiques au Pakistan et dans le ciblage des minorités religieuses du pays. <a title="En juin 2009, plusieurs familles chrétiennes ont fait l’objet d’attaque" href="http://www.nytimes.com/2009/08/03/world/asia/03pstan.html" target="_blank" rel="noopener">En juin 2009, plusieurs familles chrétiennes ont fait l’objet d’attaque</a>s. Environ une trentaine de personnes sont mortes après qu’une foule en colère s’en soit pris à la minorité chrétienne du pays. En tout, une centaine de maison a été incendiée.</h5>
<h5></h5>
<h5>Aasia Bibi est également la première femme à écoper de la peine de mort pour un cas de blasphème, ce qui tend à montrer un durcissement des juges à l’égard du blasphème et l’introduction d’un climat peu propice à la liberté de culte.  On notera que si la Grande-Bretagne avait aussi une réglementation discriminatoire sur le blasphème jusqu’en 2008, la dernière condamnation à mort remonte à 1697.</h5>
<h5></h5>
<h5>La minorité chrétienne dans ce pays représente moins de 5% de la population totale. De plus, les chrétiens pakistanais connaissent certaines restrictions.  Ils ne sont, entre autres, pas éligibles au poste de Premier ministre ou de Président du Pakistan.</h5>
<h5>L’application de cette loi concernant le blasphème permet également de viser de façon systématique les minorités religieuses qui vivent au Pakistan en brandissant la menace de poursuites.</h5>
<h5>Parce que cette loi est utilisée contre les minorités, elle doit être abrogée car elle ne s’applique pas à tous les habitants du pays et à toutes les religions.</h5>
<h5>On peut aller plus loin et dire que cette loi symbolise la faillite de l’état de droit au Pakistan car un des principes fondamentaux des droits de l’homme reste bien l’égalité devant la loi, ce qui n’est visiblement pas respecté au Pakistan.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Un système judiciaire défaillant soumis à la peur de représailles</strong></h4>
<h5></h5>
<h5>Les procès concernant les cas de blasphèmes mettent en lumière les défaillances du système judiciaire pakistanais.</h5>
<h5>En effet, les exécutions extra judiciaires sont choses courantes dans des affaires de ce type.</h5>
<h5>Cette année, en juillet, deux frères, tous deux pasteurs ont été assassinés alors qu’ils sortaient du tribunal dans lequel ils étaient jugés pour blasphème et pourtant reconnus non coupables. Il arrive parfois même que les accusés n’arrivent pas jusqu’au tribunal et soient assassinés dans leurs cellules.</h5>
<h5>Le problème que soulève cette loi, c’est qu’il suffit d’une accusation pour qu’une personne soit condamnée pour blasphème sans avoir besoin d’apporter de preuve matérielle (même si depuis 2004 la police est censée enquêter). Toute une affaire peut donc reposer sur un seul témoignage. On peut très bien imaginer que pour se venger une personne décide d’en accuser une autre sachant très bien qu’elle sera reconnue coupable (a fortiori si la personne accusée est chrétienne).</h5>
<h5>Mais la violence qui entoure les institutions judiciaires pakistanaises entraine également une remise en question de la validité des décisions rendues par les juges. En effet, la peur de représailles de la part de membres extrémistes de la société peut conduire les juges à durcir leur jugement afin de ne courir aucun risque.</h5>
<h5>Enfin, il faut également noter qu’au Pakistan, dans certaines régions reculées, la justice étatique n’est pas utilisée. En effet, lorsqu’un problème survient, ce sont des tribunaux tribaux qui sont convoqués et qui décident de régler leurs problèmes comme ils l’entendent. Ce qui aboutit bien souvent à des exécutions extra-judiciaires, hors de tout contrôle de la part d’un gouvernement qui gère difficilement les crises qui secouent le pays depuis quelques années.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>La position délicate du gouvernement face à l’affaire d’Aasia Bibi et l&rsquo;assassinat de Salman Tazeer, gouverneur de la province du Punjab</strong></h4>
<p>&nbsp;</p>
<h5>Après l’annonce de la condamnation à mort d’Aasia Bibi début novembre, le Président pakistanais Zardari a décidé de lancer une enquête sur son cas avec comme but de la gracier comme l’article 45 de la constitution pakistanaise le lui permet. « <a title="Le président aura le pouvoir de grâce, de suspendre et de changer toute sentence délivrée par n’importe quel tribunal" href="http://www.pakistani.org/pakistan/constitution/part3.ch1.html" target="_blank" rel="noopener">Le président aura le pouvoir de grâce, de suspendre et de changer toute sentence délivrée par n’importe quel tribunal</a>. »</h5>
<h5>Prenant de cours toute réaction du chef de l’Etat, la Cour supérieure de Lahore a ordonné au gouvernement de sursoir au pardon car la procédure qui vise Aasia Bibi est toujours en cours. En effet, la sentence fait l’objet d’un appel.</h5>
<h5>La décision de la Cour supérieure de Lahore est discutable. L’article 45 de la constitution pakistanaise permet au Président de gracier une personne suite à toute décision de justice. Or une décision a bien été rendue condamnant Aasia à mort.</h5>
<h5>Le gouvernement se trouve donc dans une position délicate. D’une part parce que la communauté internationale le presse de relâcher Aasia Bibi sans plus tarder (notamment car elle risque d’être assassinée en prison) et d’abroger les lois sur le blasphème.  D’autre part le gouvernement doit faire face à des pressions exercées par des groupes islamistes qui semblent gagner du terrain au Pakistan, y compris auprès des tribunaux régionaux.</h5>
<h5>Le 4 janvier dernier, le gouverneur de la province de Punjab, Salman Tazeer,  a été assassiné par son garde du corps. Il était connu pour ses prises de position contre les lois pénalisant le blasphème au Pakistan. Il avait également apporté publiquement son soutien à Aasia Bibi. Son assassinat montre bien le climat de radicalisation qui touche le Pakistan. Suite à cet assassinat, des déclarations et des manifestations ont eu lieu pour célébrer le meurtrier. Lors de sa sortie du tribunal, des dizaines de personnes étaient venues lui montrer leur soutien en le couvrant, notamment, de pétales de rose. On ne peut que s&rsquo;interroger sur les raisons qui empèchent les forces de l&rsquo;ordre d&rsquo;intervenir pour poursuivre ceux qui célèbrent de tels crimes.</h5>
<h5>La condamnation d’Aasia Bibi intervient dans un contexte agité qui vise les communautés chrétiennes dans certains pays musulmans.</h5>
<h5>Récemment en Irak, la communauté chrétienne a fait l’objet d’attaques à la bombe. <a title="Mi-Novembre, onze quartiers chrétiens ont été visés dans la capitale irakienne, Bagdad" href="http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/iraq/8123883/Iraqs-Christian-community-hit-by-new-wave-of-attacks.html" target="_blank" rel="noopener">Mi-Novembre, onze quartiers chrétiens ont été visés dans la capitale irakienne, Bagda</a>d.  Au moins cinq personnes ont été tuées et une trentaine d’autres ont été blessées. Cette vague d’attaques avait été précédée par des attentats suicides visant une église catholique et tuant plus de 50 personnes.</h5>
<h5>En Iran aussi, les communautés chrétiennes connaissent une situation difficile. Pour les personnes qui choisissent de se convertir à la religion chrétienne, la conséquence est souvent la mort.</h5>
<h5>Citer d’autres exemples si vous en avez. Sinon, utiliser le mot « quelques pays » qui sous-entend « peu » et non pas certains qui peut cacher « assez nombreux ».</h5>
<h5>De nombreux chrétiens choisissent de fuir leur pays d’origine devant les persécutions auxquelles ils doivent faire face, dans un contexte de montée islamiste</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>La liberté de religion revendiquée par les Musulmans en Europe mais refusée dans les pays à majorité Musulmane</strong></h4>
<p>&nbsp;</p>
<h5>Les musulmans européens jouissent d’une assez grande liberté de culte en Europe ; il parait important que la communauté musulmane d’Europe agisse pour inviter les pays à majorité musulmane à garantir la liberté dont eux-mêmes bénéficient.</h5>
<h5>L’on assiste par ailleurs à l’heure actuelle en Europe à des prises de position dangereuses qui visent à limiter les libertés des musulmans d’Europe.  Des lois et réglementations visent tout particulièrement les musulmans &#8211; opérant donc une discrimination &#8211; et le droit fondamental à l&rsquo;expression de sa religion.  Cette évolution est pour le moins inquiétante et représente une réaction par rapport aux traitements dégradants réservés aux minorités religieuses, aux enfants et aux femmes dans certains pays musulmans et qui sont maintenant ressentis par certains comme étant importés en Europe.  Les lois anti-burkas/niqab/hijab, la question des minarets, la montée de l’extrême droite et les prises de position sur l’immigration symbolisent  au moins en partie cette réaction.  La crise économique actuelle favorise d&rsquo;autant la focalisation sur une religion qui compte un nombre important d&rsquo;adeptes en Europe.  Ce ne sera pas la première fois que des pays en crise s&rsquo;en prennent aux minorités attribuant de fait les problèmes du jour à ceux qui peuvent le moins se défendre.  On reconnait là des reflexes millénaires&#8230;D&rsquo;un côté les gouvernements européens doivent reconnaître les limites de leur réaction et les musulmans d&rsquo;Europe doivent lutter activement contre les mouvements extrêmes en leur sein en Europe et dans les pays qui nourrissent l&rsquo;intolérance.</h5>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Benazir Bhutto, son engagement en faveur de la démocratie au Pakistan</title>
		<link>https://www.cri-irc.org/benazir-bhutto-son-engagement-en-faveur-de-la-democratie-au-pakistan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CRI-IRC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jul 2018 11:23:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Une Femme, Un Pays]]></category>
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					<description><![CDATA[Ecrit par Jean Albert, Ludivine Tomasso/Editeur: Jacqueline Duband, Emilie Dessens  Jeudi, 23 Décembre 2010 04:18 Elle fut la première femme à gouverner un pays musulman. Fin décembre 2007, quelques semaines avant de nouvelles élections au Pakistan, elle est victime d’un attentat qui met un terme à son combat pour la démocratie et l&#8217;amélioration de la condition [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ecrit par <i>Jean Albert, Ludivine Tomasso/Editeur: Jacqueline Duband, Emilie Dessens </i></em></p>
<p><i>Jeudi, 23 Décembre 2010 04:18</i></p>
<h5></h5>
<h5>Elle fut la première femme à gouverner un pays musulman. Fin décembre 2007, quelques semaines avant de nouvelles élections au Pakistan, elle est victime d’un attentat qui met un terme à son combat pour la démocratie et l&rsquo;amélioration de la condition de la femme.  Elle avait été prévenue du risque.  A son arrivée à Islamabad elle avait déjà subi une attaque, manquée.  Mais elle a décidé de rester, de se battre pour son pays.  Comme son père exécuté 30 ans auparavant, l’amour de son pays et ses principes lui ont coûté la vie.</h5>
<h5>Son mari est aujourd’hui à la tête de l’état et tente dans des conditions difficiles de poursuivre son combat.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Sa jeunesse et ses études</strong></h4>
<h5>Benazir Bhutto vient d’une famille très impliquée politiquement. Son père, Zulfikar Ali Bhutto, a été Président puis premier ministre du Pakistan dans les années 1970.  Son grand-père, Shah Nawaz Bhutto, était un politicien reconnu dans les Indes britanniques.</h5>
<h5>Elle part faire ces études supérieures d’abord à Harvard, aux Etats-Unis où elle étudie pendant quatre années, et ensuite en Angleterre où elle étudie la philosophie, l’économie et la politique à Oxford. Elle en profite également pour étudier le droit international et la diplomatie.</h5>
<h5>En 1976, elle devient la présidente de l’Oxford Union ; un groupe de débat célèbre pour avoir formé de nombreux politiciens anglais.</h5>
<h5>A la fin de ses études, elle décide de rentrer au Pakistan.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Une carrière politique brillante</strong></h4>
<h5>A son retour au Pakistan, son père est arrêté et placé en détention à la suite d’un coup d’Etat militaire qui voit Muhammad Zia-Ul-Haq prendre la tête de l’Etat pakistanais en 1977. Il instaure la loi martiale dans le pays (suppression des libertés fondamentales).</h5>
<h5>Elle remplace alors son père à la tête du Pakistan Peoples Party (« PPP »). Ce dernier est exécuté en 1979 et elle devient officiellement le leader du PPP. Pour cette raison, elle passe près de six ans en prison, et n’est autorisée à quitter le Pakistan qu’en 1984 pour raisons médicales (liées à son emprisonnement).</h5>
<h5>Pendant les deux ans que dure son exil (l’éloignement de son pays est une des conséquence de la persécution systématique dont elle fait l’objet), elle s’impose comme la figure de proue du mouvement  pro-démocratique au Pakistan.</h5>
<h5>Lorsqu’elle parvient à rentrer en 1986, une foule d’un million de personnes vient l’accueillir à l’aéroport.</h5>
<h5>Après la mort de Muhammad Zia-Ul-Haq, en 1988, dans un accident d’avion,  des élections démocratiques sont organisées et le PPP remporte la majorité des sièges parlementaires.</h5>
<h5>Elle devient à l’âge de 35 ans, la première femme premier ministre du Pakistan. Elle est aussi la plus jeune femme à avoir jamais dirigé un pays musulman.</h5>
<h5>Elle met rapidement en place un système de quota pour augmenter la participation des femmes à la vie politique pakistanaise. Et encore aujourd’hui, 5% des sièges dans les deux chambres parlementaires pakistanaises sont réservés aux femmes.</h5>
<h5>Elle est également à l’origine d’une banque spécialement réservée aux femmes « <a title="First Women Bank" href="http://www.fwbl.com.pk/" target="_blank" rel="noopener">First Women Bank</a> » qui a pour objectif d’aider les femmes à devenir plus indépendantes en leur accordant des prêts pour qu’elles puissent créer leurs propres entreprises.  Cette banque créée en 1989, au lendemain de sa prise de fonction en tant que premier ministre du pays, propose principalement du micro-crédit pour des projets de développement ruraux.  Au 30 septembre 2010, la banque avait un encours de 28 milliards de roupies (247 millions d’euros).</h5>
<h5>Cependant en 1990, elle est obligée de démissionner de son poste suite à des accusations de corruption qui pèsent sur elle et qui sont en fait des campagnes de déstabilisation visant à ruiner sa réputation.</h5>
<h5>En 1993, à la suite de la démission du gouvernement qui remplaçait le sien, des élections sont organisées. Son parti le PPP, après avoir formé une coalition avec d’autres partis, arrive une nouvelle fois au pouvoir et elle devient à nouveau premier ministre de son pays.</h5>
<h5>En 1996, le président de l’époque, Farooq Leghari, la démet de ses fonctions suite à de nouvelles accusations de corruption.</h5>
<h5>Elle décide alors de quitter le pays espérant que son parti pourra conserver le pouvoir.  Elle vit pendant un moment à Dubaï où elle s’occupe de ses trois enfants et de sa mère atteinte de la maladie d’Alzeihmer.</h5>
<h5>Après de nombreuses années d’exil, la perspective des élections de 2008 au Pakistan la pousse à rentrer au pays, même si elle est bien consciente des risques qui pèsent sur elle ayant reçu maintes menaces de mort.</h5>
<h5>En effet, cela ne tarde pas à se confirmer, elle échappe de peu à la mort lors d’un attentat suicide en octobre 2007, quelques heures à peine après son arrivée sur le sol pakistanais. Une centaine de personnes qui suivent son cortège y trouveront la mort.</h5>
<h5>Malgré cela, elle décide de continuer son combat pour la Démocratie et repart faire campagne pour les nouvelles élections.</h5>
<h5>Le président Musharraf décide en novembre de la même année de déclarer l’état d’urgence en raison de la présence d’extrémistes islamistes, notamment à la frontière avec l’Afghanistan. Elle est mise en résidence surveillée pour sa protection mais  est rapidement autorisée à quitter à nouveau sa maison.</h5>
<h5>Elle essaye de négocier, avec le président Pervez Musharraf et d’autres candidats de l’opposition,  pour faire lever l’état d’urgence dans le pays et organiser des élections démocratiques.</h5>
<h5>Le 27 décembre 2007, Benazir Bhutto est assassinée. Elle revient d’un meeting de son parti lorsque son convoi est attaqué. Cette fois, elle n’en réchappe pas.</h5>
<h5></h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Un courage exemplaire</strong></h4>
<h5>Elle a fait preuve d’un courage sans faille. Malgré les risques qui pesaient sur sa vie, elle n’a pas hésité à rentrer et à continuer à se battre pour la démocratie.</h5>
<h5>Elle a été constamment harcelée, attaquée, accusée et pourtant n’a jamais abandonné ni son pays, ni ses idées.</h5>
<h5>Avec sa participation au gouvernement, elle a ouvert la voie aux autres femmes de son pays et leur a permis une plus grande participation politique ; un ministère pour la condition de la femme est créé.  Les femmes sont plus nombreuses au Parlement.</h5>
<h5></h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Trop peu de temps</strong></h4>
<h5>Elle n’arrivera pas à obtenir que l’ordonnance « Hudood », mise en place par Muhammad Zia-Ul-Haq en 1978, soit abrogée. Son parti se bat depuis toujours pour l’abrogation de cette ordonnance discriminatoire à l’encontre des femmes. En effet, adoptées dans un contexte d’islamisation, ses règles définissent les punitions dont la lapidation notamment à appliquer en cas de Zina (adultère ou relations sexuelles avant le mariage). Ces mêmes lois imposent aux victimes de viols de présenter quatre témoins oculaires masculins et «bons musulmans» pour obtenir une condamnation. Si elles n’y parviennent pas, ce sont les victimes qui sont condamnées et qui risquent la prison ou la lapidation pour adultère si elles sont mariées.  Les parlementaires islamistes en refusent l’abrogation catégoriquement alors que certains spécialistes de l’islam les dénoncent pour leur mauvaise transcription du Coran.</h5>
<h5>Ces lois ont été amendées en 2002 sous le gouvernement Musharraf sans vraiment de changement significatif pour les femmes au Pakistan. Cependant, en 2006 sous le même gouvernement Musharraf, le PPP revient avec un projet d’amendement qui cette fois-ci est adopté, le 15 Novembre 2006 sous le nom de « Women’s Protection Bill »,  malgré l’opposition des parlementaires islamistes.  Les changements sont plus significatifs.  La peine maximale pour adultère passe de la mort par lapidation à cinq ans de prison et par une amende et en cas de viol, les victimes de sexe féminin n&rsquo;ont plus l&rsquo;obligation de trouver quatre témoins hommes et « bons musulmans », pour prouver un viol.</h5>
<h5>La situation des femmes au Pakistan reste aujourd’hui encore très difficile ; les crimes d’honneur et le mariage forcé y demeurent des pratiques acceptées.</h5>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"><strong>5.  Une lutte que son mari tente aujourd’hui de poursuivre</strong></h4>
<h5>Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto, élu Président du Pakistan lors des dernières élections, a transformé le régime présidentiel en régime parlementaire par la réforme constitutionnelle de 2010.</h5>
<h5>Cette réforme prévoit la redistribution du pouvoir au sein du système politique pakistanais et introduit une séparation des pouvoirs plus équilibrée qui correspond plus à un idéal de démocratie parlementaire. L’introduction de ce 18<sup>ème</sup> amendement vise à annuler les changements introduits par le précédent président Pervez Musharraf qui lui permettaient de démettre de leurs fonctions les gouvernements démocratiquement élus.</h5>
<h5>En octobre 2009, il rencontre le pape Benoît XVI pour aborder la question de la discrimination des minorités chrétiennes au Pakistan. Lors de son entretien avec Benoît XVI, la loi anti blasphème pakistanaise a également été évoquée.  Elle demeure la plus dure du monde. Elle viole tous les traités internationaux sur les droits de l’Homme parce qu’elle n’interdit et ne sanctionne (de mort) que le blasphème dirigé contre l’Islam !  En effet, les personnes accusées de blasphème risquent la peine de mort et cette loi est utilisée comme outil de discrimination contre les minorités religieuses du pays.</h5>
<h5>Ces derniers mois ont bien illustré les problèmes soulevés par la loi contre le blasphème avec la condamnation d’une mère chrétienne, Aasia Bibi, à la peine de mort pour blasphème. Cette Chrétienne, mère de cinq enfants, paysanne et analphabète s’est disputée avec sa voisine aussi collègue de travail avant de se voir ensuite accusée de blasphème par cette dernière.  Le Président Zardari a ouvert une enquête à ce sujet et propose de la gracier si son appel est rejeté.  Cela fait un an qu’Aasia Bibi est en prison.</h5>
<h5>Déjà début 2010, le gouvernement et, en particulier, Shahbaz Bhatti, le ministre pour les questions des minorités, qui est lui-même chrétien, avait lancé l’idée d’une réforme de ces lois contre le blasphème.</h5>
<h5>Le ministère du développement de la femme, créé par Benazir Bhutto, a connu un changement important ces dernières années avec l’accession de femmes à sa tête alors que ce n’était pas le cas auparavant. Le ministère était composé à 70% d’hommes avant 2008 pour 30% désormais.</h5>
<h5>Enfin, en janvier 2010, une loi nouvelle vient accroître les peines encourues pour harcèlement des femmes sur leur lieu de travail. Les peines peuvent désormais aller jusque trois ans de prison alors qu’elles n’étaient que symboliques précédemment.</h5>
<h5>Fin 2007, neuf centres de refuge pour femmes ont été créés.  Ces centres sont connus sous le nom de Centre Shaheed Benazir Bhutto.  Les Centres Shaheed Benazir Bhutto offrent hébergement et services sociaux et psychologiques gratuits aux femmes victimes de violences.  En 2007, plus de 8000 femmes ont bénéficié de l’aide proposée par ces centres.</h5>
<h5>Depuis 2008, à l’initiative du Président, le Benazir Income Support Programme a été créé pour lutter contre la pauvreté. Les familles les plus pauvres reçoivent un complément de salaire. Pendant la période 2008-2009, 425 millions de dollars ont été distribués dans le cadre de ce <a title="programme" href="http://reporting.bisp.gov.pk/benazir/" target="_blank" rel="noopener">programme</a>.</h5>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le 25 Novembre: Non à la violence contre les femmes</title>
		<link>https://www.cri-irc.org/le-25-novembre-non-a-la-violence-contre-les-femmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[CRI-IRC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jul 2018 11:22:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Violences]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://criirc.webhost3.domainoo.net/?p=128</guid>

					<description><![CDATA[Ecrit par Ludivine Tomasso, Jean Albert &#8211; Edité par Emilie Dessens  Jeudi, 28 Octobre 2010 23:39 &#160; Cinquante ans après le décès des soeurs Mirabal: la violence à l’encontre des femmes, un phénomène toujours en expansion. A l&#8217;échelle mondiale, pas moins d&#8217;une femme sur deux a fait l&#8217;objet d&#8217;actes de violence de la part de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ecrit par <i>Ludivine Tomasso</i>,<i> </i><i>Jean Albert &#8211; Edité par Emilie Dessens </i></em></p>
<p><i>Jeudi, 28 Octobre 2010 23:39</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4 style="text-align: center;"></h4>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Cinquante ans après le décès des soeurs Mirabal: la violence à l’encontre des femmes, un phénomène toujours en expansion.</strong></h4>
<h5>A l&rsquo;échelle mondiale, pas moins d&rsquo;une femme sur deux a fait l&rsquo;objet d&rsquo;actes de violence de la part de son compagnon et une femme sur cinq a été victime ou menacée d&rsquo;agression sexuelle. Plus de 80 % des victimes de la traite – que l’on appelle d’ailleurs traite des femmes &#8211; sont des femmes. Chaque année des centaines de milliers de femmes sont victimes de mutilations sexuelles.</h5>
<h5>Et les violences ne vont pas en diminuant. Leur expansion n&rsquo;est qu&rsquo;en partie liée à leur médiatisation, qui les rend plus visibles et quantifiables, ou à l&rsquo;accroissement de la population mondiale.  Certaines formes de violences à l&rsquo;égard des femmes ont été combattues avec succès.  De nouvelles &#8211; ou d&rsquo;anciennes ravivées &#8211; les ont remplacées et sont en expansion.  Elles se présentent de diverses façons : violences domestiques, abus sexuels,  rituels, polygyny, crimes dits d’honneur, exploitation, esclavage,  mutilations génitales.</h5>
<h5>De plus, on observe le recours dans certains conflits aux viols systématiques augmentant encore plus la violence pour les femmes. C’est le cas notamment en République démocratique du Congo où l’ONU estime qu’en 2009 plus de 8000 femmes ont été violées, chiffre qu’il faudra surement revoir à la hausse.  Le viol des femmes et des enfants est devenu une des armes du conflit.  Il traumatise les populations, détruit le tissu social, crée et entretient la terreur et assoie la pauvreté.</h5>
<h5>Le 17 décembre 1999, la résolution 54/134 de l’Assemblée des Nations Unies, a fixé le 25 novembre comme la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette résolution invite notamment les pays et les ONG à organiser des actions dans le but de promouvoir  les droits des femmes et de sensibiliser le public à la situation que vivent les femmes encore et toujours dans certains pays.</h5>
<h5>Le 25 novembre, un jour dans l’année pour se mobiliser et dire non à ces violences.  Ce jour symbolique ne doit pas se limiter à 12 ou 24 heures mais plutôt marquer l’affirmation de chacun pour un combat de tous les jours.</h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Pourquoi avoir choisi le 25 novembre ?</strong></h4>
<h5>Ce jour a d’abord été choisi par les féministes latino-américaines en 1981 lors du premier forum féministe de l’Amérique Latine qui s’est déroulé à Bogota en Colombie.</h5>
<h5>Les mouvements féministes se sont développés après la chute des différents régimes autoritaires en place en Amérique Latine durant les années soixante-dix.</h5>
<h5>Et en 2008, le onzième forum de ce type a eu lieu au Mexique.</h5>
<h5>Le but de ce forum qui se déroule tous les 3 ans est de permettre le dialogue, la réflexion sur la place occupée par les femmes dans les sociétés latino-américaines, et également de mener  une réflexion politique.</h5>
<h5>En 1981, ces femmes ont choisi cette date pour commémorer la mort des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines assassinées le 25 novembre 1960 sur ordre de Rafael Leonidas Trujillo, alors dirigeant de la République dominicaine.</h5>
<h5>Ce jour a donc été choisi pour rappeler la vie de ces femmes et promouvoir la reconnaissance mondiale des violences infligées aux femmes en Amérique Latine.</h5>
<h4 style="text-align: center;"><strong>Les sœurs « Mariposas », symbole de la lutte et de la résistance contre la répression et la violence.</strong></h4>
<h5>Tout commence sous le régime du dictateur Trujillo au pouvoir durant une trentaine d’années de 1930 à 1961 en République dominicaine. Son régime a été l’un des plus sanglants du 20ème siècle.  Concentrant le pourvoir entre les mains d’un seul homme, les arrestations arbitraires, la torture, les disparitions forcées et les « accidents » sont légions.</h5>
<h5>Trujillo met également en place une politique anti-haïtienne et des milliers d’haïtiens sont ainsi assassinés sous sa dictature.</h5>
<h5>Les sœurs Mirabal sont : Patria la plus âgée, Maria Tereza la plus jeune et enfin Minerva la plus impliquée politiquement. Cette dernière a pour rêve de devenir avocate.</h5>
<h5>C’est en juin 1949 que leur vie change. En effet, Minerva, connue pour sa beauté, est invitée ainsi que sa famille à une réception officielle à laquelle assiste Trujillo. A cette occasion, le dictateur remarque Minerva et lui fait des avances, mais celle-ci se refuse à lui.</h5>
<h5>Quelque temps après, la famille est de nouveau invitée à une réception officielle. Ne pouvant décliner l’invitation, ils s’y rendent tous ensemble. De nouveau, Trujillo fait des avances à Minerva et la famille décide de quitter précipitamment la soirée.</h5>
<h5>Après l’incident, Trujillo, peu habitué à être rejeté, fait arrêter le père des sœurs ainsi que Minerva, soupçonnés d’avoir des liens avec le Parti communiste. Ils seront emprisonnés quelques semaines.</h5>
<h5>Toute la famille est placée ensuite sous étroite surveillance.</h5>
<h5>En 1954, Minerva se marie avec Manuel Aurelio Tavares Justo dit « Manolo », alors étudiant en droit, malgré les intimidations de Trujillo. La même année, Maria Teresa se marie avec Leandro Guzman également étudiant en droit.</h5>
<h5>L’Amérique Latine,  à la fin des années 1950, connait des événements importants. Les dictateurs en place en Colombie et au Venezuela sont renversés. Batista à Cuba subit le même sort : en 1959 les troupes de Fidel Castro entrent dans la Havane.</h5>
<h5>Le 14 juin 1959, un avion de combattants cubains issus du mouvement castriste atterrit en République dominicaine. Même si cette action se révèle inefficace car les combattants sont rapidement arrêtés,  elle crée une réaction au sein de la dissidence dominicaine et en janvier 1960, le Mouvement du 14 juin (« 14 de junio »), organisation dissidente et clandestine, est créé.</h5>
<h5>Le mari de Minerva est le président du Mouvement du 14 juin.  Leandro Guzman, mari de Maria Teresa en est le trésorier.  Minerva participe également au mouvement et y prend le nom de code de « Mariposa » &#8211; papillon en français &#8211;</h5>
<h5>Ses sœurs rejoignent le Mouvement du 14 juin.  Toutes trois utiliseront le même  nom de code : Mariposa.</h5>
<h5>Quelques temps après le début du Mouvement clandestin du 14 juin, ces membres sont tous dénoncés.  Ils sont arrêtés et torturés.  Les soeurs Mirabal y compris.</h5>
<h5>Suite aux pressions de l’Eglise notamment, les femmes sont libérées mais  les époux des trois sœurs restent incarcérés.</h5>
<h5>Pour Trujillo, être ainsi défié par une femme est insupportable. Il déclarera même publiquement que les deux seuls problèmes de son gouvernement sont l’Eglise et Minerva Mirabal ; ce juste avant de commanditer l’assassinat des trois sœurs.</h5>
<h5>C’est peu de temps après, lors d’une de leur visite hebdomadaire au centre de détention de leurs époux, que les trois sœurs et leur chauffeur sont assassinés.</h5>
<h5>Sur le chemin du retour, ils tombent tous les quatre dans une embuscade. Leurs corps sont ensuite replacés dans leur voiture pour faire croire à un accident.</h5>
<h5>Ainsi finit la vie des trois sœurs.</h5>
<h5>Paradoxalement, Trujillo qui pensait ainsi éliminer une menace directe à son régime n’a fait qu’accroitre le climat de mécontentement. Environ un an plus tard, le 30 mai 1961, il est à son tour assassiné.</h5>
<h5>Ces trois femmes, malgré les arrestations et les tortures subies n’ont jamais cessé de se battre.  Elles en sont mortes.</h5>
<h5>Aujourd’hui encore leur souvenir, le souvenir de leur courage, permet de fédérer les personnes du monde entier le 25 novembre de chaque année.</h5>
<h5>Hommes, femmes prenant position pour dire non, non à la violence, aux abus, aux mutilations.</h5>
<h5>Comme le disait Minerva « s’ils me tuent, je sortirai les bras de ma tombe et je serai plus forte ».</h5>
<h5>Le souvenir de ces trois « papillons » exceptionnels qui ont réussi à renverser une dictature mais également le souvenir de toutes les femmes anonymes doit nous rappeler qu’il est possible de changer les choses.</h5>
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<h5>Pour aller plus loin :</h5>
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<li>
<h5><strong>Sur l’histoire des sœurs Mirabal</strong></h5>
</li>
</ul>
<h5><em>Au Temps des papillons</em> de Julia Alvarez 1994 roman</h5>
<h5><em>« En el tiempo de las mariposas” </em>film adapté du roman de Julia Alvarez en 2001 avec Mark Anthony et Salma Hayek.</h5>
<h5><em>« Tropico de sangre » </em>film de 2010 avec Michelle Rodriguez et Juan Fernandez</h5>
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<li>
<h5><strong>Sur la dictature de Trujillo</strong></h5>
</li>
</ul>
<h5><em>La fiesta del Chivo </em>de Mario Varga Llosa écrivain péruvien lauréat du prix nobel de literatura</h5>
<h5><em>La fiesta del Chivo </em>film adapté du roman en 2005 avec Isabella Rossini</h5>
<h5><em>The Dictator&rsquo;s Seduction: Politics and the Popular Imagination in the Era of Trujillo </em>(American Encounters/Global Interactions)  de Lauren Derby</h5>
<h5><em>Trujillo: The Life and Times of a Caribbean Dictator</em> de Robert D. Crassweller MacMillan, New York (1966).</h5>
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<li>
<h5><strong>Sur les violences contre les femmes</strong></h5>
</li>
</ul>
<h5><a href="http://www.aidh.org/Femme/Images/Rapp-femmes.pdf">http://www.aidh.org/Femme/Images/Rapp-femmes.pdf</a> rapport de 2006 concernant les violences faites aux femmes.</h5>
<h5><a href="http://www.un.org/depts/dhl/dhlf/violence/index.html">http://www.un.org/depts/dhl/dhlf/violence/index.html</a> concernant la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes</h5>
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	</channel>
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